Réminiscences. Episode 12.

Publié le par Cyril Poujoulat

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                                            Julie Bardaillan était assise dans le lit. Elle tentait de remettre un peu de clarté dans ses réflexions. L’officier Samson, qu’elle avait vu la veille, lui avait parlé d’un détail à l’allure anodine et qui n’avait guère éveillé son attention à ce moment précis. L’entretien n’avait d’ailleurs rien apporté. Mais la question de Claire Samson au moment de la quitter lui était revenue en tête…

«Y a-t-il quelqu’un parmi les participants à cette formation qui ait des cicatrices sur les mains ? » …

Le repas du midi, le premier jour lui était également revenu en mémoire… Les échanges, …, les convives,… et… les mains de Langeon ou Langeois… Elle ne se souvenait plus très bien. C’était un des intervenants… Un humanitaire… Il leur avait parlé avec une passion communicative de son séjour en Afghanistan. Il avait des cicatrices plutôt vilaines sur les deux mains. Elle les avait remarquées parce que celui-ci tentait de les masquer tout en conversant avec son vis-à-vis lors du repas. Cela n’avait, alors, pas éveillée davantage sa curiosité.

Pourquoi Samson lui avait elle posé cette question ?...

Y avait il un lien avec le meurtrier de Véronique Bazin ?...

Est-ce que cet homme participant à la formation avait quoi que ce soit à voir avec tout ça ?...

 

-« Julie ?... Tu es réveillée ?... », lui demanda Thomas sur un ton cotonneux.

-« Thomas…Je repensais à mon entretien avec la fliquette…la collègue de Kérouec… Elle m’a posé une question qui m’a tracassé toute la journée…. », lui répondit elle.

Julie commença alors à expliquer à Thomas l’origine de son trouble.

Celui-ci, malgré la fatigue et l’heure pour le moins, tardive, se redressa, et alluma la veilleuse…. Une heure plus tard, ils étaient tous deux en train de siroter un café dans la cuisine, perplexes, ne sachant que faire.

Thomas était allé voir si les enfants dormaient bien. Clara et Arthur respiraient doucement dans leur sommeil…. Julie et lui avaient silencieusement poussé leur porte de chambre pour ne pas troubler leur sommeil.

Il était inquiet. Il s’était voulu rassurant auprès d’elle pour ne pas l’alarmer, mais il craignait pour sa sécurité. Il ne s’était pas rendormi. Il restait une journée de formation à faire à Fortin pour Julie, et il s’arrangerait pour surveiller les choses… Il tairait bien évidemment ses intentions à Julie pour ne pas l’inquiéter ou l’agacer…

 

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                                       Warren et Betty Langster étaient à Paris depuis trois jours. Leurs enfants leur avaient offert un voyage d’une semaine, pour leur retraite, dans la ville où ils avaient toujours rêvé d’aller. C’était la première fois qu’ils quittaient le sol américain. Warren avait été policier toute sa vie tandis que Betty, travaillait dans une crêche.

Ce soir là, ils étaient allés dîner sur une péniche, comble du romantisme… Ils avaient ensuite décidé de marcher un peu avant de retourner à leur hôtel.

Il était presque 23h… Ils étaient enlacés, accoudés au parapet de pierre du pont sur lequel ils se trouvaient. Ils regardaient les lumières de la nuit parisienne, malgré la fraîcheur et la pluie…

                                        Warren n’aurait pas su, au premier coup d’œil, identifier ce qu’il venait d’apercevoir dans les remous de la Seine. Ce n’est que quand il la vit pour la deuxième fois qu’il comprit qu’il y avait quelqu’un en péril dans les eaux sombres sous le pont. Passé un moment de stupéfaction, il saisit le bras de Betty et lui montra la jeune femme qui tentait de surnager. Betty porta les mains à sa bouche d’effroi.

Ils regardèrent affolés autour d’eux. C’est là que Warren reconnu les gyrophares qu’il avait si souvent vu tournoyer au cours de sa carrière. Une voiture de police était à quelques dizaines de mètres d’eux. Il se rua dans leur direction en battant des bras…

 

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                                       0h40… Yann Kérouec sauta hors de son lit. Il était rentré deux heures plus tôt. Il n’était pas passé au « Physalis » ce soir là. Il était parti fatigué du « 36 »… L’enquête marquait le pas malgré le lien avec l’hôpital Fortin, et sa relation ambigüe avec Claire Samson occupait le reste de ses pensées…

Il s’était fait un café en arrivant et s’était couché dans la foulée. La sonnerie de son téléphone l’avait brusquement tiré de sa torpeur.

Il enfilait ses chaussures puis glissait son « Sig » dans le holster de ceinture qu’il portait lorsqu’il fit une brève pause pour réaliser les informations qu’il venait de recevoir… Claire Samson… Sa collègue avait été repêchée un peu plus d’une heure plus tôt par la brigade fluviale. Les sapeurs pompiers l’avaient ensuite prise en charge et avait appelé le SAMU. Claire venait d’être transférée en réanimation à la Pitié Salpétrière. Son état était sérieux… Kérouec n’avait rien pu savoir de plus.

                                     La porte de l’appartement claqua et après avoir dévalé trois par trois les escaliers de son immeuble, Kérouec sauta au volant du vieux break banalisé qu’il utilisait de temps en temps.

Premier tour de clef… pas de contact….

Deuxième tour de clef… Toujours rien…

Kérouec frappa rageusement le volant en hurlant….

-« Putainnn !!!... Tu vas bouger !!! ».

Le troisième tour de clef fut le bon. Le break hoqueta un coup, puis le moteur se mit à vrombir. Kérouec aurait probablement perdu l’ensemble des points de son permis ce soir là, mais il réussit en moins de dix minutes à gagner la Pitié Salpétrière. A la radio, il reçu des nouvelles de Fuers et Stacchi. Ses deux collègues avaient également été prévenus. Ils étaient en route et arriveraient sur place dans la demi heure.

-« Jean Louis….Pas elle…Dis moi qu’elle va s’en tirer… », dit Kérouec, seul dans la voiture comme s’il parlait à son défunt collègue… Il était effondré. La nouvelle l’avait complètement sapé…  Outre les souvenirs de Poulard qui l’assaillaient, Kérouec pensait à Claire… A cette jeune femme qui était entrée dans sa vie sans qu’il l’ait voulu et qui remuait en lui des choses qu’il pensait à jamais enfouies…

A peine garé, il se mit à courir tout en tentant de s’orienter dans le dédale de ruelles et de passages que comptait l’hôpital. L’air était froid. La pluie tombait toujours, fine et faible… Un crachin comme il en connaissait dans sa Bretagne natale aurait il pensé si Claire Samson n’emplissait pas toutes ses pensées…

 

                                          Kérouec arriva devant le pavillon où se situait le service de réanimation. Il était en nage malgré la fraîcheur de la nuit. Son visage était fatigué, ses traits tirés. Il pénétra rapidement dans le bâtiment et trouva Stacchi, Fuers et De Partel devant la machine à café. S’il s’attendait à retrouver ses coéquipiers, la présence de son chef le toucha.

Dès qu’il rentra, les trois hommes se tournèrent dans sa direction. Stacchi avait les yeux rouges et cachait tant bien que mal l’émotion qu’il ressentait. Fuers, plus froid d’habitude était également très marqué. De Partel, enfin, alla à la rencontre de Kérouec…

-« Yann… ». Il était rare que Kérouec entende son chef l’appeler par son prénom. Il fallait en général que la situation soit délicate. La dernière fois que Kérouec l’avait entendu l’appeler avec un tel ton d’humanité, c’était lors des obsèques de Poulard…

-« Yann… Elle est vivante…Mal en point mais vivante… On attend le bilan du médecin… ».

-« Putain chef… Que s’est il passé ?.... Que foutait elle dans la Seine ?? ». Kérouec avaient les mains qui tremblaient.

-« Yann… Nous pensons que Claire a été victime de celui que vous et votre équipe avez appelé le « tueur aux suppliciées », ou qu’en tout cas, il avait l’intention de l’ajouter à la liste de ses victimes… Il l’a visiblement attendu sur la péniche où elle habitait. D’après les premiers relevés, il y a eu lutte sur place. On a également retrouvé son voisin dans son appartement… mort… Un certain Louis de Fay. Les causes de son décès restent à préciser mais il est clair qu’il n’est pas mort de cause naturelle. Il semblerait que Claire ait réussi à s’enfuir pour finalement atterrir dans la Seine, volontairement ou involontairement. Elle était en train de se noyer lorsque deux touristes américains l’ont repéré… Ils ont prévenu des collègues en uniformes. Un des gars à plongé tandis que les autres appelaient la fluviale et les pompiers… Elle est arrivée vivante mais dans le coma… On n’en sait pas plus pour l’instant Yann… Je… Je suis sincèrement désolé », ajouta t il en posant sa main sur l’épaule de Kérouec.

Kérouec lui sourit doucement puis fit volte face et écrasa son poing sur le dossier du siège se trouvant sur sa droite faisant éclater le bois.

Tous se tournèrent vers lui… Collègues et soignants…

-« Putain…Tu veux la guerre espèce de salopard… Je vais te la donner… Sans concession…. Et je te regarderai te vider… », sifla t il entre ses dents. Jamais Fuers et Stacchi ne l’avaient vu aussi déterminé…

Les portes battantes s’ouvrirent soudain… Un brancard poussé par deux infirmiers sortait des boxs de réanimation. Kérouec tendit son cou pour vérifier si Claire respirait, mais ce n’était pas elle… le lit de réanimation portait une vieille femme pâle comme une morte. Des tuyaux semblaient s’échapper de tous ses orifices… Kérouec détourna son regard en serrant les poings…

Comment allait elle ?....

Comment allait il la découvrir ???

Un homme habillé d’un pyjama vert sortit presque en même temps. Son regard balaya le hall. Son badge rouge l’identifia tout de suite comme médecin. Ses yeux se portèrent ensuite sur De Partel. Il vint à leur rencontre. Yann Kérouec le regarda s’avancer comme si celui-ci progressait au ralenti. Comme si chaque mouvement était découpé. Il guettait la moindre expression dans le regard du médecin qui pourrait lui donner de l’espoir… Il ne vit rien… L’homme semblait tout aussi exténué que lui…

-« Monsieur De Partel ?... Euh… Commissaire De Partel ?... », lança t il en dévisageant les quatre hommes.

-« C’est moi !.... ces messieurs sont les collègues de mademoiselle Samson… Comment va-t-elle ??... », répondit De Partel.

Le médecin avait la quarantaine, les cheveux courts, poivre et sel, et une barbe naissante. Il semblait porter sur ses épaules les souffrances de ses patients et de leur famille. Eric Stacchi l’observa en se faisant la réflexion que le métier de leur interlocuteur devait parfois être encore plus difficile que le sien…Comment aborder les proches ?...les familles ?...

-«Bon… Messieurs….Je vais aller droit au but… Votre collègue à eu une chance extraordinaire… Je pense que la rapidité d’intervention des secours associée à ses capacités physiques lui permettra de se remettre rapidement… Attention !... je ne dis pas que l’accident dont a été victime l’officier Samson est anodin… Elle a inhalé une quantité importante d’eau… Son état respiratoire était très limite…Nous avons hésité à l’intuber à son arrivée… Cependant, ses capacités respiratoires s’améliorent doucement sous oxygénothérapie classique. Elle est endormie pour l’instant. Son éveil est encore difficile mais on ne peut plus parler de coma comme à son arrivée… je pense qu’avec un bon traitement antibiotique, une semaine d’hospitalisation et quelques examens elle devrait être sur pieds…. ».

Yann  Kérouec prit la parole…

-« Docteur…. Risque t elle des complications ???... des séquelles ?.... », demanda t il d’une voix mal assurée.

-« Sur le plan neurologique, il n’y a pas d’inquiétudes à vous faire. Son cerveau à souffert du manque d’oxygène, mais les secours ont pallié à cet état suffisamment rapidement pour évité tout dommage important… Rassurez vous… ».

-« Ok…. Est il possible de la voir…Même quelques instants !!... », ajouta t il.

L’homme en pyjama vert fronça les sourcils.

-« Hummm… Théoriquement non », répondit il sèchement.

-« ….Mais… Compte tenu de la situation je vous accorde quelques minutes… je vais demander à une infirmière de vous accompagner »…

 

                                     Claire Samson était toujours inconsciente. Son drap estampillé « Assistance Publique Hôpitaux de Paris », la couvrait à moitié. La blouse jaune de patient couvrait le reste de son corps. Son visage était tuméfié à l’endroit où Langeon l’avait frappé… La tubulure de la perfusion s’échappait de son bras pour regagner une poche de plastique contenant ce qui semblait être de l’eau.

Fuers et Stacchi étaient repartis enquêter auprès du couple d’américains qui avaient prévenu les secours… de Partel, lui était rentré se coucher.

L’infirmière amena une chaise à Kérouec…

-« Merci… ».

-« De rien », lui dit elle en ayant presque déjà tourné les talons.

Yann Kérouec s’assit près du lit médicalisé de Claire. Il souffla en observant le sol…. Redressa la tête et la contempla… Même mal en point et blessée il la trouvait belle…le médecin l’avait briefé sur les blessures… Rien de bien sérieux. Un hématome au visage et à la tempe qui mettrait une bonne semaine à régresser, et une blessure à la cuisse, un peu plus sévère mais qui n’avait pas atteint l’artère. Une dizaine de points de sutures avaient suffit, Quant à son poignet droit, le radius était cassé mais non déplacé…

Les lèvres de Kérouec tremblèrent…

-« Parait qu’il faut parler aux personnes inconscientes Claire… je sais pas si c’est vrai…. C’est pas facile…J’ai…Je… Je voulais juste te dire que j’ai eu très peur de te perdre… C’est tout…. », lui dit il doucement en lui caressant la main qu’il venait de prendre.

-« On l’aura Claire… Je te le promets… »…

 

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                                           Mardi…8h20…

Julie Bardaillan était partie depuis quelques minutes. Thomas appela ses parents qui résidaient à une dizaine de minutes de chez eux pour leur demander de garder les enfants le restant de la matinée afin qu’il puisse aller surveiller les abords du service où Julie suivait sa formation. Si Julie avait eu connaissance de ses projets, elle l’aurait probablement traité de parano, et se serait même inquiétée….

Une demi heure plus tard, Thomas s’engouffrait dans le métro parisien.

 

                                         Yann Kérouec avait passé la nuit au chevet de Claire, grâce à la gentillesse de l’infirmière présente. Les parents de Claire avaient été prévenus. Ils devaient monter de Juan les Pins et seraient là d’ici quelques heures. Il était resté en contact avec Fuers et Stacchi qui eux aussi avaient passé une nuit blanche. Les conclusions de la veille confirmaient les hypothèses de De Partel.

                                         Il était 8h45 lorsque Fuers et Stacchi retrouvèrent Kérouec devant l’entrée piéton de La Pitié. Kérouec leva son regard vers le ciel. Il faisait beau. Pour la première fois depuis des jours, le soleil réussissait enfin à s’imposer dans le ciel parisien. Quelques nuages se déchiraient sous le vent qui s’était levé.

Il était pâle, les traits tirés par le manque de sommeil. Ses cheveux en bataille étaient battus par le souffle du vent. Son regard était déterminé.

Fuers perçu cette apparente froideur, se détachement de l’environnement, chez son supérieur.

-« Yann… Tu vas bien ?... Et Claire ???.... Comment s’est passé sa nuit ?... », demanda t il sur le ton de l’inquiétude.

-« Elle va mieux… Elle est réveillée mais elle est faible…. Trêve de discours les gars, la meilleure chose à faire, c’est d’aller coincer ce pourri.. ! », lança t il tout en réajustant son arme de service et en vérifiant qu’il possédait des munitions en quantité suffisante. Il ne parla pas des larmes dans les yeux de Claire lorsque celle-ci s’était réveillée en fin de nuit. Il ne parla pas non plus de la peur qu’il avait lu dans ses yeux…

-« Fuers… Prend le volant… Stacchi, fais passer les gilets pare balles… Quelque chose me dit que l’on va en avoir besoin aujourd’hui. En route pour les urgences de Fortin !!!... Je suis persuadé que notre homme est dans les environs… », ajouta t il tout en allumant une cigarette.

Le break démarra rapidement. Fuers mit le gyrophare et la sirène pour se faufiler dans les méandres de la circulation parisienne.

 

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                                               Sa main s’arrêta sur les deux portes battantes du couloir qui donnait sur l’esplanade… Son corps se figea… Aux aguets… la première chose qu’il avait remarqué était la voiture. Un véhicule typiquement policier. Un break banalisé… Il les vit dans un deuxième temps. Ils étaient apparemment trois. Il ne se souvenait plus de deux d’entre eux mais il connaissait bien le troisième… C’est en le surveillant qu’il avait pu repérer sa jeune collègue et le chemin que celle-ci empruntait pour regagner la péniche sur laquelle elle vivait. Il ressentit un violent accès de frustration en repensant à cette femme qui lui avait échappée d’aussi peu. Il serra les poings…

Il devait faire cours dans trois minutes, mais il savait qu’il ne le ferait pas. La police était sur sa trace… Il avait été imprudent… Il avait péché par orgueil… Quelque chose lui échappait cependant… Il ne comprenait pas comment les flics pouvaient faire le lien aussi facilement avec lui…

-« Putain de flics…. », marmona t il tout en faisant volte face. Il fit demi tour rapidement et s’enfonça dans le couloir principal du bâtiment.

                                     

                                               Thomas ne le remarqua pas de suite. Il était allé se chercher un café à la cafétéria de l’hôpital et tentait de boire le liquide brûlant tout en surveillant les abords des urgences. Ce n’est que lorsque Langeon se détourna subitement dans le couloir que son attention fut attirée. Par ses yeux tout d’abord… d’un bleu profond… et froids comme l’acier… Puis, par ses mains… Thomas Bardaillan posa son café sur le rebord de fenêtre sur lequel il était accoudé. Cet homme était celui dont Julie lui avait parlé…. Il prolongea son regard au-delà des portes battantes et aperçu Kérouec et ses collègues devant les urgences. Il comprit alors qu’il fallait agir.

Langeon s’éloignait rapidement.

Deux solutions apparaissaient. Prévenir Kérouec au risque de perdre de vue Langeon, ou tenter de suivre celui-ci et prévenir la police par la suite. Sa décision ne supporterait pas de temps de réflexion. Thomas se mordit la joue dans un mélange de nervosité et d‘hésitation puis se lança sur les pas de Langeon.

                                       Il se revit un an et demi plus tôt lors de l’affaire Baur, alors qu’il suivait celui-ci avec Julie dans leur voiture. Il avait alors faillit y laisser sa vie.

-« Putain Thomas !!!... Qu’est ce que tu es parti à faire ??!!!.... », marmonna t il tout en sortant de l’hôpital.

Langeon marchait rapidement. Au bout d’une centaine de mètres, après avoir traversé les deux rues suivantes, il descendit dans le métro. Thomas hâta son pas et disparu lui aussi dans les entrailles du sous sol parisien. Langeon était nerveux. Il se retournait régulièrement. Thomas tentait de rester à bonne distance pour ne pas se faire repérer tout en gardant un œil sur sa proie. Langeon s’immobilisa en bout de quai. Thomas le dépassa et s’arrêta un peu plus loin. Il y avait du monde. Des cohortes de parisiens se pressaient pour regagner leur lieu de travail. Les feux de la rame de métro percèrent les ténèbres, puis, le bruit assourdissant des wagons entrant en gare prit le relais.

Thomas risqua un bref regard en direction de Langeon. Il vit celui-ci monter dans le wagon et l’imita sur l’autre entrée.

Langeon s’assit sur un des strapontins tournant le dos à Thomas. Le métro était bondé. Thomas se retrouva pour sa part, coincé entre une troupe de jeunes écoliers qui conversaient bruyamment et quelques étrangers, sacs au dos, et dont le français alourdi par un accent canadien très prononcé trahissait la provenance.

Langeon était imperturbable. Les stations défilaient. Après une bonne demi heure, un changement, et après une autre demi heure, Langeon se leva enfin et descendit à la station Anvers…

A SUIVRE...

Publié dans Roman

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