Réminiscences. Episode 9.

Publié le par Cyril Poujoulat

La porte donnant sur le cellier s’était ouverte sans bruit. Véronique Bazin s’arracha à son entreprise de libération et tourna difficilement son visage vers le bas de l’escalier, comme alertée par l’imminence d’un danger. Langeon était là. Il la regardait d’un air amusé.

-« Tu n’aurais pas du sortir ta main ma chérie…Tu aurais pu l’abîmer… mais ne t’inquiètes pas, je vais en prendre grand soin… », enchaîna t il avec une lueur de convoitise dans le regard.

Véronique leva de sa main tremblante et meurtrie la lame en direction de son ravisseur. Langeon sourit.

Ce fut la dernière fois qu’elle s’en servit…. 

 

                                                               26

 

                                  Vendredi… 6h10…

                                  La machine à café émit un léger ronronnement tandis que le nectar s’écoulait doucement dans la tasse que Thomas avait placé. Une odeur de café et de torréfaction emplirent l’espace de la cuisine. Thomas était encore ensommeillé… il caressait machinalement son épaule, effleurant sa cicatrice... Après avoir englouti un jus de fruit et quelques biscuits, il se dirigea vers le salon et s’affala dans le canapé pour suivre les informations. Passé la page météo toute aussi déprimante que celles des jours passés, le journal aborda la série de grèves qui pourrissaient la vie du gouvernement, la guerre en Afghanistan qui s’enlisait avec un nouvel envoi de troupes, la mort des suites d’une longue maladie d’une chanteuse à succès….etc….Aucunes allusions à ce qui semblait être le meurtre d’une infirmière de l’hôpital Fortin. Thomas était en mode pause comme il aimait le dire. C'est-à-dire éveillé, mais pas encore présent. Il soufflait doucement sur son café tout en plaquant la tasse chaude contre son ventre par-dessus son teeshirt… un léger frisson le parcouru. Les températures étaient encore fraîches et l’humidité ambiante des derniers jours ne faisait que renforcer cette impression. C’était sa dernière journée de travail. Le soir, il serait en vacances. Julie, elle, travaillait encore une semaine. La deuxième semaine serait en commun…Elle était partie ce matin là un peu plus tôt pour passer dans son service donner des cartons à une collègue en plein déménagement, avant d’aller à Fortin. Clara et Arthur, eux, étaient encore couchés…

Thomas prit une petite demi heure pour sa toilette et se dirigea ensuite dans les chambres des enfants pour sonner le rassemblement.

-« Aller les minus !!! Debout !!!....C’est l’heure ». Une caresse à Arthur, perché en haut de sa mezzanine toute neuve, un baiser à Clara dont les yeux papillonnaient de sommeil, et il se dirigea à nouveau vers la cuisine pour préparer le petit déjeuner des enfants.

Ce fut Arthur qui déboula le premier en chantant que les vacances approchaient….

-« Oulahhh !! On va se calmer jeune homme !!!...Il est 7h10 !! Les voisins dorment encore eux !!! », lui lança Thomas. Clara arriva dans la foulées préoccupée par les sorties au parc envisagées avec ses copines.

Son regard les enveloppa… Ils grandissaient…vite… la vie passait vite…Il fallait en profiter…Ne perdre aucun des moments passé auprès d’eux…

                                 8h15… Thomas et les enfants partirent pour l’école.

                                 Il était 8h50 lorsque Thomas franchit la grille de l’école…la sienne…Celle où il enseignait…

                                  Le programme de la journée ne l’enthousiasmait guère… Il devait corriger un tas de copies qu’il avait rechigné à attaquer jusqu’alors, habitué qu’il était de la dernière minute… c’était son mode de fonctionnement…Le travail dans l’urgence. Il attaqua après avoir pris un café en compagnie d’Eric, assis sur le muret situé à côté de l’entrée de l’école. La valse des bonjours et des sourires au fur et à mesure que les étudiants arrivaient allait bon train.

La matinée fut calme. Thomas s’était enfermé dans son univers musical. Les écouteurs du Ipod dans les oreilles, il se laissait entraîner par les refrains tout en corrigeant ses copies.

Il arrêta aux alentours de midi, le ventre tenaillé par la faim. Le bilan était plutôt bon côté résultats d’examens… Une majorité tendaient vraisemblablement vers la moyenne et au dessus. Thomas avait cependant noté les quelques « perles » qui pouvaient se retrouver dans les copies. Un étudiant avait notamment placé le canal séminal au niveau du schéma de l’oreille… Position relativement incongrue qui l’avait bien fait rire… les autres perles étaient constituées de fautes d’orthographe, d’écriture sms, et d’autres coquilles de ce genre…

Thomas fila rapidement s’acheter une boite de sushis chez le traiteur asiatique, voisin de l’école, et regagna la salle de détente où lui et ses collègues prenaient leur repas… La salle était quasi comble… Eric était là, accompagné de Nathalie, Paula, Ghislaine et les autres… la discussion portait sur les mises en situations professionnelles… ces évaluations que devait subir les étudiants infirmiers au cours de leurs stages… Ghislaine était en train d’exposer sa dernière entrevue avec une étudiante. Les remarques qu’elle en tirait étaient comme à l’habitude… métaphysique !!!... Thomas s’assit en face d’Eric qui leva les yeux au ciel, comme pour implorer le silence de Ghislaine. Celle-ci était lancée dans son monologue… Thomas la regarda pensivement tout en dégustant l’assortiment de sashimis, sushis et makis qu’il s’était acheté…

Ghislaine Nuche devait avoir quarante, quarante cinq ans… Guère plus. Elle n’était ni attirante, ni laide. Le genre de personne passe partout. Ses lunettes à monture noire posées en équilibre sur le nez, associées avec une tenue vestimentaire quotidiennement composée d’un tailleur strict lui donnait un air d’institutrice. A la réflexion, Thomas se dit qu’il ne l’avait jamais vu en pantalon. Son style était d’un classicisme parfait. Thomas se mit à sourire lorsqu’il la vit passer ses doigts dans ses cheveux bruns en entortillant une de ses mèches. Ghislaine avait de nombreux tics, notamment celui de se lisser les cheveux de cette manière ce qui ne cessait de l’amuser ainsi qu’Eric et d’autres collègues. Thomas repensa également aux quelques fois où il l’avait surprise en train de se parler à elle-même dans les quelques miroirs que l’on trouvait dans les bureaux… Ghislaine Nuche était un être à part… Décalée sur le terrain et immédiatement repérée par les nouveaux étudiants…

Après dix bonnes minutes passées à l’écouter énoncer toutes les idées saugrenues dont elle était capable, Thomas et Paula entamèrent la conversation sur les programmes télé diffusés la veille au soir… la pause déjeuner se poursuivie encore une bonne demi heure, puis Thomas regagna son bureau et se remit au travail tout en écoutant « Once I was »… Un vieux standard de Tim Buckley…

 

                                                                 27

 

                                              La journée de Julie avait commencée relativement tôt. Elle avait fait un détour par son hôpital, et était passée dans son service d’urgences… « Monseigneur », un habitué des lieux que l’équipe avait pris en affection était en train de ranger, devant la porte de la douche, ses affaires dans l’un des nombreux sacs qu’il portait tout au long de ses journées de sans domicile fixe. A l’intérieur du premier box, Marie, sa collègue était aux prises avec un monsieur dont la corpulence était impressionnante. Celui-ci, le teint jaune citrin, l’abdomen gonflé, tendu comme une outre et parsemé de veines superficielles, trahissait avec une quasi certitude un problème d’ascite… Julie lui adressa un clin d’œil tout en lui montrant le tas de cartons qu’elle portait sous son bras…

-« Marie !! », chuchota t elle.

-« je te mets les cartons pour Inès dans l’office alimentaire..ok ? »

-« Ok Julie !...Tu ne devais pas aller à Fortin aujourd’hui pour ta formation ?? », lui répondit Marie.

-« Si si !!...D’ailleurs, je ne suis pas en avance… tchao… et bon courage… », lui lança t elle, avec un sourire entendu tout en refermant les portes à soufflet du box.

 

                                                  Lorsque Julie Bardaillan franchit l’enceinte de l’Hôpital Fortin, la pluie venait de reprendre. Le ciel tourmenté s’était progressivement obscurci. La journée s’annonçait une fois de plus relativement morose sur le plan de la météo. Après avoir garé la voiture sur un des emplacements de médecin, toutes les autres étant déjà pris, Julie se hâta de gagner le porche des urgences. Manu apparu alors dans l’encadrement… un café à la main, la cigarette dans l’autre.

-« Salut Juju !!... », lui adressa t il avec toute sa bonhommie et sa gouaille.

Julie regarda sa montre…8h40…Elle avait finalement rattrapé son retard et était même en avance.

-« Salut Manu !!!..Ben alors ! Tu es tombé du lit ce matin ?? », lui dit elle avec un sourire gentiment moqueur.

-« Mouai… Panne d’électricité à la maison !!... pas de cafetière, pas de grille pain !!... Ca m’a gonflé !!... Du coup je suis parti plus tôt !!...Et j’ai ramené des croissants et du café… tu peux y aller, il en reste pleins… ».

-« Humm… Ca tombe bien j’ai encore un petit creux ce matin… », lui répondit elle en lui rendant sa bise.

-« Qu’a-t-on comme cours aujourd’hui ?? », lui demanda t elle.

Manu leva son regard pensif puis ajouta :

-« c’est Langeon !...Le mec de l’ONG…Il va nous présenter les liaisons logistiques et politiques… ».

-« Ok… je vais me prendre un café, un croissant et je te rejoins », lui répondit elle avec un clin d’œil.

Sur ce, elle pénétra dans le hall d’accueil des urgences.

 

                                                                   28

 

                                           Samedi… 22h45…

                                           Yann Kérouec détaillait de ses yeux fatigués depuis un long moment déjà les allers et venues au zinc du « Physalis »… Quelques jeunes, des personnes seules, quelques étrangers se retrouvant pour jouer aux dames et échanger des nouvelles du « Bled », quelques couples s’enlaçant et échangeant de fougueux baisers, grisés par l’alcool…

Il songea à sa vie sentimentale…au départ de sa femme, usée…à sa fille qu’il voyait occasionnellement… depuis combien de temps n’avait il pas rencontré quelqu’un avec qui partager autre chose qu’une nuit de sexe, avec qui construire autre chose que mettre un pansement sur deux solitudes… Bien longtemps… Il songea à Claire… La jeune femme occupait de plus en plus ses pensées… Elle était bien plus jeune que lui… cela le dérangeait un peu. Il ne voulait pas qu’on le voit comme ces « vieux beaux » qui appâtent les minettes en mal de maturité… mais une chose était sure, Claire Samson n’était pas de celles là… Elle avait du caractère, une présence, et la tête bien sur les épaules. D’abord réticent à l’annonce de De Partel, Kérouec avait rapidement été conquis par la jeune femme… Il ne s’en rendit pas compte, mais son visage en pensant à elle avait changé d’expression…en mieux.

-« Si tu me voyais Jean Louis… Pitoyable !! » pensa t il… .. « Et…amoureux… comme un môme !!! », lui aurait rétorqué Poulard, en riant de bon coeur…

Ses pensées revinrent à l’enquête en cours en même temps que le troisième café se présentait sur le comptoir… ils avaient fait chou blanc… Les informations s’étaient révélées erronées. Jérome Vortec avait été laissé libre, avec obligation de rester à disposition des services de Police. Kérouec savait qu’il n’était pas coupable. Il ne pouvait tout simplement pas réaliser les actes qu’avait commis le tueur. Vortec était un pauvre type, malade et vicieux. Cependant, la vie lui avait fait payer ses turpitudes bien plus sévèrement que l’administration pénitentiaire. Son handicap physique était beaucoup trop important… cela faisait maintenant presque quarante huit heures que l’opération avait été réalisée… aucune nouvelle n’était venue faire progresser l’enquête.

Le bilan était de deux femmes mortes, violées et martyrisées par un même individu… le responsable était dans l’ombre. Peut être en train de préparer une nouvelle agression ou pire… de la réaliser. Si on ne pouvait pas véritablement encore parler de meurtres en séries, Kérouec ne se leurrait pas sur l’inéluctabilité d’une récidive de ce meurtrier… Son avis, une fois de plus, avait été conforté par les hypothèses de Claire…les victimes n’avaient pas de points communs… L’une, hôtesse d’accueil, l’autre, infirmière…des lieux d’habitation différents…pas de passé judiciaire pour l’une ou l’autre si ce n’était quelques procès verbaux pour infraction au stationnement… … En somme : nada !! Kérouec souffla doucement, agacé par la situation.

-« La caféine n’est pas bonne à forte dose Yann !!.. », entendit Kérouec alors qu’il portait la tasse à ses lèvres.

Tout d’abord interloqué, il se retourna sur son siège en manquant d’avaler sa gorgée de travers.

Elle se tenait là, devant lui… Ses cheveux d’un noir ébène tombaient sur ses épaules, renforcées par l’épaisseur du blouson de moto. Celui-ci était ouvert sur un chemisier blanc dont le décolleté laissait deviner la sensualité de ses formes.

Claire Samson déposa son casque jet sur le comptoir en lui souriant.

-« Claire !!?... » lui adressa t il en tentant de camoufler le trouble ressenti.

-« Mais que foutez vous là ??... Comment m’avez-vous trouvé ?... ».

Claire Samson sourit à nouveau.

-« J’étais au « 36 », avec les autres… Fuers est rentré chez lui et Stacchi tentait toujours, au moment où je suis partie, de retrouver une trace de matériel militaire volé qui pourrait expliquer la présence de lunettes de vision nocturne entre les mains de notre tueur. C’est Stacchi qui m’a dit que vous aviez vos habitudes ici avec votre ancien coéquipier… Alors, j’ai tenté ma chance !... Il s’appelait Poulard, c’est ça ? ».

-« Jean Louis Poulard, Claire… », répondit Kérouec, partagé entre la surprise de sa présence et les souvenirs surgissant à la simple évocation du nom de son ami disparu.

-« C’était un invétéré coureur de jupons… Un marseillais… Un flic comme on en fait plus… Mais il était avant tout mon ami… ».

-« Oui…Je sais », lui répondit elle, consciente d’avoir touché une faille chez son supérieur.

-« Je sais qu’il est mort il y a peu de temps, en service, à vos côtés…Fuers et Stacchi m’ont briefés…je sais que vous avez tous traversé de durs moments….. », ajouta t elle à voix basse.

-« Oui… », répondit kérouec, visiblement touché.

-« Mais bon !, Jean Louis n’aurait pas aimé que l’on parle de lui aussi tristement… Parlons d’autres choses Claire !! Plus gaies !!!...Vous avez un peu de temps ? ».

-« Je commence à adopter votre rythme Yann !! », lui dit elle en riant.

-« Alors venez !!... Allons nous installer dans les fauteuils, on sera mieux assis!... », lui dit il en lui prenant son casque.

-« René !!!... Deux cafés !, dont un Viennois !! », lança t il à l’adresse du patron après avoir demandé à Claire ce qu’elle souhaitait boire…

La conversation se fit sur un ton beaucoup plus léger. Yann Kérouec se sentait bien. La complicité de leurs échanges et les sourires de Claire renforçaient ce sentiment.

Ils parlèrent motos…voyages…. Musique… A aucun moment ils n’abordèrent l’affaire en cours et leur métier de policiers… comme pour faire une trêve dans un quotidien omniprésent.

Claire Samson, tout en discutant le détaillait… Yann Kérouec avait quarante sept ans, mais ne les paraissait pas. Ses cheveux courts, poivre et sel, se dégarnissait légèrement sur les tempes. Ses traits étaient marqués par des années de veilles et par la fatigue, mais son visage était harmonieux. Ses yeux gris pouvaient vous transpercer et vous mettre à nu avec une intensité qui la troublait. Sans être démesurément musclé, il avait une carrure agréable au regard…

Kérouec voulu allumer une cigarette… Un geste machinal qu’il réalisait depuis si longtemps qu’il aurait pu le considérer comme inné… Le regard de Claire, gentiment désapprobateur, le fit sourire.

-« Oui… Je sais… », lui dit il. Il se figea un instant, puis écrasa la cigarette dont le bout brillait d’incandescence…encore intacte…

Claire le regarda avec un air interrogateur.

-« Une bonne résolution Yann ???... ».

-« Oui Claire… J’ai pas envie ce soir… je crois qu’il est temps que je lâche un peu cette « maîtresse »… Enfin, que j’essaye en tout cas… ».

-« Oulahh !!! » lança Claire un grand sourire aux lèvres.

-« Je vous paye la prochaine conso : un Earl Grey sans modération !!... » ajouta t elle en riant.

Kérouec ne put se retenir et se mit à rire lui aussi… Il ne la quittait plus des yeux. Son sourire dévoilait des dents blanches rehaussées de lèvres fines, joliment dessinées… terriblement attirantes. Il la désirait. Pas de ce désir purement lié à l’acte sexuel. Il la désirait véritablement pour ce qu’elle était, pour les sentiments qu’elle éveillait en lui depuis qu’il l’avait rencontré.

Leurs genoux se frôlaient, leurs mains se rencontraient parfois. A chaque rencontre Kérouec ressentait comme une décharge électrique… Claire, de son côté, également…

Leur discussion s’éternisa jusqu’à ce que René, le patron, ne vienne les voir sur le coup des 1h00 pour leur signifier qu’il souhaitait aller se coucher…

-« Vous êtes en voiture ?! Yann », lui demanda Claire.

Kérouec la regarda… Elle avait posé la question avec un ait faussement distant. Il l’avait perçu. Et elle le savait. Kérouec leva les yeux au ciel comme s’il réfléchissait avec une attitude humoristique appuyée qui la fit sourire.

Il n’eut pas le temps de lui répondre. Son téléphone portable se mit à vibrer tout en sonnant. C’était le mode d’alerte tel qu’il l’avait paramétré.

Claire fut aussi surprise que lui.

-« Merde…. Qu’est ce que c’est que ça encore ??;… On ne peut jamais être tranquille deux minutes… », rugit Kérouec visiblement contrarié.

Claire Samson, lui saisit la main avec tendresse… Son geste la surprit presque plus encore que Kérouec. Le pourpre gagna ses joues.

-« C’est notre job Yann…Ce n’est pas grave… Ne t’inquiètes pas…. ».

Le tutoiement était venu spontanément.

Kérouec n’eut pas le loisir d’ajouter quoi que ce soit. Il venait de décrocher.

-« Kérouec…J’écoute…. », dit il tout en fixant Claire du regard.

-« Yann ?.... C’est Eric…Stacchi… », lui répondit le jeune officier avec une voix blanche.

-« Stacchi…Que se passe t il ???... », lança Kérouec avec appréhension. Il savait que ses hommes ne le dérangeraient pas à une heure aussi tardive s’ils n’avaient pas une information véritablement importante à lui transmettre.

-« On en a une autre Yann…. Une troisième… ».

Le visage de Kérouec s’était complètement fermé. Claire n’eut pas besoin d’explications. Elle venait de comprendre en le regardant.

-« Où ca ??... Dans un bois encore ??... », demanda t il ?.

-« Si on veut Yann… », lui rétorqua Stacchi.

-« Notre tueur s’enhardit Yann… Il l’a abandonné dans Paris… Au bois de Boulogne… ».

En quelques minutes, Kérouec avait noté les coordonnées de l’endroit où avait été découvert le corps. Il connaissait bien le Bois… Les années aux « Mœurs » l’avaient de nombreuses fois amené à y enquêter…

-« Claire…Je… Je suis désolé… C’était une soirée très agréable…Je… ».

Claire Samson ne lui laissa pas finir sa phrase.

-« Pour moi aussi Yann… Pour moi aussi… Je pense qu’il vaut mieux que l’on arrive séparément… je ne voudrais pas que l’on s’imagine quoi que ce soit… Tu…Tu comprends ?... », lui dit elle sur un ton gêné.

-« Ok…Je vais prendre un taxi et je file… On se retrouve sur place… », lui répondit il.

Ils échangèrent un dernier regard, mélange de regret et d’attente…

Kérouec suivit du regard la jeune femme enfourcher sa moto, enfiler son casque et ses gants, lancer le moteur… Puis il la vit disparaître dans les ténèbres tous justes troués par les lueurs des réverbères…

Cinq minutes plus tard, il grimpait dans un taxi, et suivait le même chemin que sa coéquipière.

A SUIVRE...

Publié dans Roman

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Anne-Sophie 27/08/2009 18:02

Cyril,Je reviens de vacances et j'ai le plaisir de découvrir la suite de Réminisences.2 épisodes en plus! Quel luxe!Ca y est, je me suis bien remise dans l'histoire alors tu as intérêt à assurer le rythme!!!(lol)Sinon, j'ai lu aussi tes humeurs. Je te remercie pour l'énorme bisou destinée à la "White"! Je te le retourne.Je reprends lundi et je dois t'avouer que je vais y aller à reculons!Cela me fait toujours ça le premier jour!Et toi, t'es-tu bien accoutumé au Chesnay?As-tu commencé à Foch?A bientôtBizAnne-Sophie

Cyril Poujoulat 30/08/2009 10:42


Salut Anne So. je reprends mardi.... Beurk !!... Mais bon! les vacances ont une fin! c'est pour ça qu'on ne s'en lasse jamais !!!...
le rythme de réminiscences va diminuer un peu, reprise oblige, mais promis, je ferai en sorte qu'il y ait un épisode toutes les deux semaines.
Un gros bisous à tous... Vous me manquez...
A+