Les multiples traces sur le corps d’Alexia ne laissaient guère de doute sur ce qu’elle avait du subir.
Kérouec savait que le rapport d’autopsie confirmerait le viol… ll espérait néanmoins que l’agresseur avait laissé quelques traces d’ADN afin de pouvoir les comparer avec le fichier des
délinquants sexuels et ouvrir ainsi une piste. Cependant, la sauvagerie des coups ne laissait pas présager une agression classique. Celui qui avait fait cela avait du temps devant lui, une
certaine force physique, et une absence totale de compassion ou de pitié.
Kérouec pivota sur lui-même pour regarder le panorama…la scène de crime...
Les bois autour des carrières étaient de plus en plus sombres, gagnés par la nuit hivernale. Les agents de la police scientifique avaient allumé des projecteurs afin de pouvoir poursuivre
leurs recherches.
L’air était à nouveau glacial. La neige tombait
doucement.
C’est alors qu’une rumeur lui parvint… les pompiers du GREP, venait
d’extraire le deuxième corps. Poulard était déjà parti voir. Il lui emboîta le pas en jetant un dernier regard à Alexia Leforêt.
31
Nadine sentit son cœur bondir dans sa poitrine.
-
« Paul ?, C’est toi ? ».
- « Ben oui ! Qui veux
tu que se soit ???, le grand méchant loup ?...Au fait, tu as eu mon message ? ».
- « Oui mon cœur… Mais il y a quelque chose que je ne comprend pas !... Tu as perdu ton portable ? ».
- « Oui ! Perdu…ou alors on me l’a
volé !...Pourquoi ? ».
-« Tu ne m’as pas envoyé de mini
message ?! ».
- « Non ! non !...Je t’ai simplement
laissé le message sur ton répondeur ».
-« Je crois que l’on t’a volé
ton portable Paul…Et que celui qui a fait çà, est le même que celui qui a forcé mon appartement... ».
Nadine lui raconta succinctement le contenu du mini message qu’elle avait reçu.
-« Bon sang Nadine !...Là ça devient vraiment dingue...Je te promets que je ne t'ai jamais envoyé ce
message ! Je veux que tu appelles la Police ! ».
-« Oui…Je
sais, je vais aller les voir cette semaine… ».
-« Lundi !...tu
vas y aller Lundi…Demain… je ne veux pas que tu prenne des risques comme ça…. Bon ! Ecoutes, le temps de ranger quelques trucs, de prendre congé de mes parents et j’arrive…Tu
veux ? ».
-« Euuuh…oui !!... enfin…tu
peux ? ».
-« Bien sur !. Je vais pas te laisser avoir peur
toute seule dans ton coin !! . Aller ! T’inquiètes !, J’arrive ».
Nadine raccrocha le combiné sur la base. C'était la première fois que Paul paraissait vraiment soucieux de toute cette histoire. Son élan chevaleresque l'avait touché.
Elle sourit en l'imaginant voler à son secours. Elle repensa également aux doutes qui l'avaient assaillis... Comment avait elle pu douter de lui...
Paul sonna à l'interphone sur le coup
de vingt heure. Quelques secondes plus tard, il était là.
Il portait un vieux treillis couvert de taches de peinture, un tee shirt de l'armée, également couvert de traces blanches. Il n'avait visiblement pas pris le temps de se changer. Nadine
le regarda tendrement sur le seuil de la porte, marquant l'arrêt quelques instants. Ses cheveux étaient ébouriffés, une barbe de deux jours, des fringues sales... Et pourtant le même charme
magnétique qui l'avait conquis depuis déjà plusieurs semaines. Elle lui sourit, puis, se laissa aller dans ses bras.
Quelques minutes plus tard, Nadine et Paul étaient tendrement enlacés sur le canapé, elle sirotant
un thé, et lui un café bien serré. Ils avaient allumé la télévision et regardaient la fin des informations d'un oeil distrait.
- « Bon ben maintenant, tu es en vacances ! », lui dit il.
- « T'as raison !!... Avec tout çà, je l'avais presque oublié !!...Après, je retournerai à l'école... La routine quoi !!.
Mais ça me gonfle car je serai bien restée aux urgences. L'ambiance était sympa, et en plus, tu étais juste à côté!! ».
- « Bah!!, t'inquiètes... Ca ne nous empêchera pas de nous voir quand même.... Je pourrai même venir te chercher de temps en temps,
quand je suis de repos... Je te ferai la surprise à la sortie de l'école ! ».
- « Alors là, ça a pas fini de faire jaser mon coeur !!...Mais j'adorerai !!... ».
Ils reparlèrent de toute l'affaire qui empoisonnait leur vie depuis plusieurs semaines. La situation restait inquiétante, mais la simple présence de Paul suffisait à
redonner le moral et de la combativité à Nadine.
Ce n'est que vers une
heure du matin qu'ils se laissèrent gagner par le sommeil.
32
Thomas Bardaillan se leva tôt ce matin là... Et pourtant, c'était le premier jour des vacances scolaires.
Julie, elle, était partie travailler. Dans deux jours, ils auraient cinq jours de congés en commun. Les fêtes de Noël se passeraient cette année à la maison et Julie mettait un point d'honneur à tout organiser afin que la soirée soit parfaite. Julie avait réussi à avoir ses repos pour le jour de Noël. Elle travaillerait en revanche le trente et un et le jour de l'an. Elle savait depuis longtemps en quoi consistait ces journées un peu spéciales. Des ivresses, des accidents domestiques, des gastros, quelques violences sur la voie publique.... Rien de bien transcendant... les pompiers passeraient sûrement leur faire un petit coucou et profiter du buffet froid sur lequel le personnel des urgences picorait entre deux patients...
Clara et Arthur dormirent
jusqu'à 8h ce qui était exceptionnel pour ces deux là. Thomas rangea la pile de copies qu'il était en train de corriger assis dans son lit. Son objectif était simple : profiter des premiers jours
de repos pour terminer ses corrections avant que Julie ne soit en vacances.
- « Salut les minus ! Vous avez bien dormi?? ».
- « Oui ! », Firent ils en coeur.
- « Bon aller!
Vous prenez le petit dèj, et ensuite, on s'habille et on va aller repérer un beau sapin pour vendredi !!! ».
- « Un grand !! », cria Arthur... « Haut comme ça !! », fit il en levant la main aussi haut qu'il le pouvait au
dessus de sa tête.
- « Plus haut!! », rajouta
Clara.
- « Bon ! Bon !, on va voir... En tout cas, on va en
choisir un beau et vous le décorerez avec maman lorsqu'elle rentrera du travail... ».
Le petit déjeuner fut avalé en moins de dix minutes et il ne fallut guère plus d'une demi heure pour que les enfants ne soient prêts à partir. Arthur avait déjà ses
bottes fourrées aux pieds lorsque Thomas termina sa toilette et débarqua en caleçon dans le salon.
- « Arthur...Clara !! Vous êtes terribles ! J'suis même pas encore habillé que vous êtes déjà couverts jusqu'aux oreilles!!... Défaites moi un peu vos
manteaux !... vous inquiétez pas !, les sapins vont pas disparaître comme ça !! ».
Tout en bougonnant, ils baissèrent ensembles la fermeture éclair de leur parka et s'assirent sur le canapé du salon en regardant Thomas finir de se
préparer...
Dix minutes plus tard, la joyeuse petite troupe partait en chasse
du parfait sapin.
33
Paul Marchand franchit les grilles de l'hôpital en louant la chaleur de sa voiture... Il avait quitté Nadine au petit matin. Celle ci dormait encore lorsqu'il s'était réveillé. Il l'avait regardé
un long moment avant de se décider à aller se préparer. Si Nadine était en vacances, lui, travaillait encore... Il avait cependant pris quelques jours pour passer le réveillon de jour de l'An
avec elle. Leur histoire devenait sérieuse, et chose étrange cela ne l'inquiétait pas... Au contraire... Il se sentait bien...en phase.
Il pénétra dans le centre de méthadone
sur le coup des huit heures trente. Justine Pétard et Julien Leriche, le psy, étaient déjà arrivés. Même Philippe Baur était présent. Celui ci était probablement en train de travailler dans son
bureau, mais l'odeur de tabac qui régnait dans l'entrée l'avait trahi. Philippe Baur était le seul dans l'unité à fumer, ce que lui reprochaient d'ailleurs régulièrement Leriche et Justine
Pétard, prétextant que c'était mauvais pour sa santé. Ce n'était pas faute d'avoir essayé d'arrêter, mais le plaisir, plutôt que la dépendance avait toujours été le plus
fort.
Paul bailla tout en adressant le bonjour à sa
plantureuse collègue.
- « Ca va
Justine? ».
- « Très bien Paul... Mais toi par contre tu t'es couché
trop tard !!!... tu as une sale mine !!... Toujours ton étudiante ?? », lui lança-t-elle avec un clin d'oeil malicieux.
- « Justine !!!... décidément t'es incroyable !! Quelle fouille merde ! », répondit il en faisant mine de
râler.
Celle ci partit dans un éclat de rire tout en regagnant son
bureau.
- « Ah ! Au fait fais gaffe ! Baur est excité comme une puce. Il
était de garde cette nuit. ».
- « Bah ! C'est pas grave ! C'est ça les chefs de service
!! », conclu-t-il en souriant.
- « Exactement ! », lança une voix derrière
lui.
Philippe Baur venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte de son
bureau.
Baur était de ces hommes pas vraiment beaux mais charismatiques. Plutôt
grand, joueur de rugby dans sa jeunesse, il était issu d'une longue lignée de médecins. Son orientation professionnelle s'était imposée d'elle même, et il avait suivi la voie de son père. Hormis
quelques relations passagères, on ne lui connaissait pas de liaison, si ce n'était avec son travail. Et celui ci lui prenait tout son temps, ou presque...
- « Vous allez bien Paul ? », lui dit il avec
un léger sourire.
- « Très bien Philippe !, merci
! », fit Paul en souriant lui aussi de la situation.
Baur quitta, ensuite,
l'unité pour aller faire le tour de ses patients de réa.
Paul, lui se mit au
travail et commença à recevoir les premiers patients venus chercher leur dose de subutex ou de méthadone.
Une fois de plus, le petit monde de la rue débarquait pour recevoir sa dose. Une fenêtre sur la misère de notre société. Les laissés pour compte de la
vie...
Récits de galères, de larcins, de rixes, de rencontres... Toujours les
mêmes problématiques.
Vers quatorze heures, Paul prit enfin le temps d'aller déjeuner, accompagné de Leriche et de Justine. Après avoir englouti un sandwich et une part de tarte, il
regagna le centre. Le froid était revenu, presque plus vif. La neige voletait doucement. Un hiver comme jamais...
Paul Marchand n’aurait jamais imaginé faire pareille découverte lorsqu’il pénétra dans le bureau…
Les dossiers s’amoncelaient en piles instables sur le bureau, l’écran de l’ordinateur était entouré de post it, des cartons et des classeurs de rangements débordaient des deux armoires
métalliques situées contre le mur de gauche, trois verres dans lesquels du café avait séché et plus ou moins moisi trônaient également sur le côté du bureau, à côté de la pile de courrier et de
comptes rendus d’hospitalisation… Paul chercha quelques minutes le courrier qu’il devait envoyer à ses collègues du nord de la capitale… Il finit par le trouver après avoir pesté en silence
lorsque une feuille, dépassant du sous main, attira son attention. Il essaya de la faire glisser afin qu’elle ne dépasse plus. N’y arrivant pas, il souleva le sous main pour la repositionner plus
facilement. Peu de choses étaient notées sur la feuille en partie froissée. Un début de compte rendu au nom de Pierre Vasseur…, quelques annotations griffonnées plus ou moins lisibles… Mais c’est
ce qui était écrit en bas à droite qui attira son attention et l’étonna…une adresse…, un numéro de téléphone….
Paul
écarquilla les yeux surpris… C’était l’adresse et le numéro de téléphone de Nadine.
Il relit le compte rendu, ou en
tout cas les premières lignes qui avaient été écrites. Pierre Vasseur…Son esprit fit aussitôt le lien. Pierre Vasseur était le jeune homme qui était mort il y a quelques semaines dans des
conditions mystérieuses et dont Nadine et julie Bardaillan s’étaient occupées. Il s’en voulu de ne pas avoir fait le rapprochement plus rapidement. Nadine lui en avait pourtant suffisamment
parlé.
Tout cela n’expliquait pas en revanche la présence des coordonnées de Nadine dans ce bureau. Paul resta
immobile quelques instant à réfléchir, la feuille de papier entre les mains.
Au bout de quelques instants, ses
traits se figèrent…
- « Et si…. », murmura-t-il doucement.
- « Putain !... C’est pas vrai !..., c’est pas possible… ».
Tout absorbé qu'il était par sa découverte, Paul ne senti pas le regard fixé sur lui.
Celui qui l'observait, de l'autre côté de l'allée à travers la fenêtre du bureau était resté en retrait dès lors qu'il l'avait aperçu. Son regard s'était assombri. Son corps s'était raidi
dans une posture d'attente, tous les sens en éveil, tel un animal surveillant sa proie.
Il était quinze heures lorsque la sonnerie du téléphone de Nadine retentie dans son appartement.
Celle-ci avait profité de son premier jour de vacances pour dormir un peu plus que d’habitude. Elle avait passé une partie de la matinée à faire un peu de ménage, puis était sortie faire
des courses sur le marché.
Tout en dégustant quelques tartines agrémentant le brunch qu'elle s'était préparé, elle
parcourait le site de la SNCF sur son ordinateur portable. Son objectif était de trouver un train pour pouvoir aller sur Bordeaux afin d’y passer Noël en famille. Sa mère l’avait appelé quelques
jours auparavant afin de finaliser l’organisation de la réunion de famille.
Nadine était heureuse de quitter Paris
quelques jours. Paul lui manquerait, mais ce n’étaient que trois jours… Ils s’appelleraient…
Cela lui permettrait
également de faire un break au regard des évènements désagréables de ces derniers jours…Et puis, sa famille lui manquait. Sa grand-mère paternelle, dont elle était très proche, venait de franchir
ses quatre vingt cinq printemps, et elle voulait profiter de chaque instant que la vie voudrait bien encore leur donner pour être réunies. Elle songea également, en souriant, aux cannelés
bordelais dont sa grand-mère maîtrisait parfaitement la recette…
Elle sursauta légèrement en
entendant la sonnerie, et attrapa rapidement le combiné qu’elle avait posé à côté d’elle.
-
« Allo !... ».
- « Allo Nadine ?... C’est moi… C’est
Paul ! ».
- « Chouette ! tu vas bien ?... T’as pas trop de boulot ?... », lui
demanda t-elle tout en avalant sa dernière bouchée.
- « Pour ce qui est du boulot ça va… Ecoutes Nadine... J’ai
trouvé un truc bizarre aujourd’hui et je voudrai qu’on en parle ce soir, car là je ne suis pas tranquille. Il y a toujours des aller et venues. Je peux passer chez toi après le boulot ?. Ce
soir, je devrai sortir vers dix sept heures… ».
- « Ben vas y ! dit moi ce qu’il y a ! »,
répondit elle intriguée.
- « Non mon cœur !... je peux pas pour l’instant …je te raconterai ce soir mais
t’inquiètes pas… Ok ? ».
- « Bon…Ok !…. », lança-t-elle plus ou moins
convaincue.
Paul raccrocha quelques secondes plus tard.
Nadine se réinstalla confortablement tout en songeant à la conversation qu’elle venait d’avoir. Paul avait une voix inhabituelle et paraissait visiblement
tracassé.
Ne pouvant en savoir plus dans l’immédiat, elle se replongea dans ses recherches sur le
net.
34
Paul quitta son service sur le coup de 17h30... Il avait passé l'après midi à ressasser et à retourner dans sa tête, sa découverte, essayant d'y trouver un sens autre que celui qu'il imaginait.
Il enfila sa parka et se couvrit la moitié du visage avec son écharpe. La nuit était déjà tombée, le froid s'intensifiait, la neige n'avait cessé de tomber inlassablement, toute la journée. Le
sol était recouvert d'une couche blanche, encore fine, mais déjà glissante. Jusqu'où cela allait il aller?, pensa t-il, en observant les yeux plissés, les flocons virevolter dans la pénombre
glaciale. La Mini l'attendait sur le parking. Il s'engouffra à l'intérieur en soufflant, mis le contact, fit rugir le moteur quelques instants, puis s'élança prudemment dans l'allée. Les saleuses
de la voirie ne rentraient pas dans l'hôpital. Aussi, mieux valait être prudent.
Il ne lui fallut qu’une petite demi
heure pour se retrouver dans le quartier de Nadine. L’épreuve suivante consistait à trouver une place pas trop éloignée. Après avoir tourné une dizaine de minutes, il s’immobilisa dans la rue
même où elle résidait. Celle-ci était juste assez large pour que deux voitures puissent se croiser de front. Le bitume était recouvert de neige, simplement souillée par les traces des voitures
qui l’avaient emprunté. Paul se réjouit. La place était juste à une dizaine de mètres de l’entrée de l’immeuble.
Il
ne remarqua pas le véhicule sombre qui s’était lui aussi immobilisé une trentaine de mètres derrière lui, et qui l’avait suivi depuis son départ de l’hôpital.
Le conducteur avait coupé ses phares.
Celui-ci avait le regard fixé sur la Mini et sur son occupant. Une main posée sur le volant, l’autre, tenant la cigarette sur laquelle il tirait machinalement. Lorsqu’il vit Paul Marchand
descendre de voiture, il prit la cigarette et la jeta hors de la voiture par la fenêtre entre ouverte. Il enclencha la première vitesse et s’élança. Doucement d’abord, tel un fauve se rapprochant
de sa proie. Ce n’est qu’à une quinzaine de mètres, qu’il se décida à accélérer, passant en quelques secondes d’une dizaine de kilomètres heure à une vitesse nettement plus
destructrice…
Paul, occupé à remonter son col et à se prémunir du froid ne vit pas la masse surgir derrière lui. L’instinct, ou
un sixième sens, l’incita à se retourner. Son cerveau n’eut pas le temps de traiter l’information.
Le choc fut
d’une extrême violence. Paul eut, l’espace d’un instant, l’impression qu’un rouleau compresseur venait de lui broyer le thorax. Sa respiration s’arrêta nette tandis que sa tête s’écrasait sur le
pare brise. Celui-ci, s’étoila sans céder. Un bruit sourd. La portière de la Mini fut arrachée sous la force de l’impact. Paul Marchand s’éleva, comme au ralenti dans l’air, pour retomber
quelques mètres plus loin, au milieu de la chaussée. Son corps désarticulé, étendu sur le sol s’auréola d’une tache rouge, contrastant avec la blancheur de la neige.
Quelques instants plus tard, des passants le découvrirent. Des cris d’horreur s’élevèrent en même temps qu’une rumeur de
panique…
35
Ce n’est pas le bruit de la collision qui alerta Nadine, occupée à s’habiller dans la salle de bain, mais les cris des témoins.
Celle-ci regagna le salon l’ouïe en alerte, tout en enfilant un pull de laine. Elle jeta un rapide coup d’œil par la fenêtre. Elle comprit à ce moment qu’il s’était
produit quelque chose de grave mais sans se douter qu’elle était impliquée dans cet évènement. Des voitures à l’arrêt en warning, des piétons attroupés autour de ce qui semblait être un corps.
D’autres, qui couraient de droite à gauche. Sa première pensée fut de croire qu’une vieille dame avait du chuter sur le sol glissant. Mais au bout de quelques instants, elle comprit que la
situation était toute autre. Soudain, elle aperçu la voiture de Paul, légèrement en travers, déplacé par le choc. Elle la reconnue immédiatement grâce au drapeau britannique qui ornait son toit.
Elle vit la portière arrachée, un peu plus loin sur le sol. L’inquiétude, la gagna. Elle porta à nouveau son regard sur la victime, mais de manière plus insistante…
- « Mon Dieu…Non…Pas Paul !... C’est Paul !!? », dit elle tout bas.
La panique l’envahit. Ses mains se mirent à trembler. Ses jambes manquèrent de se dérober et elle du se retenir à la poignée de la fenêtre. Elle se précipita dans la
salle de bain récupérer le pantalon qu’elle s’apprêtait à mettre quelques instants plus tôt. Elle l’enfila rapidement, saisit une paire de baskets dans l’entrée qu’elle chaussa en sautillant d’un
pied sur l’autre, et se précipita dans l’escalier. Elle eu tout simplement la sensation de voler par-dessus les marches tant elle les dévalait rapidement. En quelques secondes, elle fut
dehors.
Là, elle vit l’attroupement d’une vingtaine de personne. La sirène des pompiers se mit à hurler à l’autre
extrémité de la rue.
Elle se mit à courir, manquant de glisser, sur le sol enneigé. Elle pleurait, en état de choc.
Les premiers pompiers descendirent rapidement du VSAB. Lorsqu’elle arriva à leur hauteur, le sous officier était déjà en train de contacter le SAMU. D’autres pompiers faisaient reculer la foule
et tentaient de sécuriser l’abord immédiat.
Nadine se jeta en avant en hurlant son prénom. Le chef de groupe, la
voyant lui saisit la taille et l’attira contre lui pour la retenir. Nadine se débattit tout en se tordant le cou pour vérifier l’inconcevable.
C’était Paul… Enfin, pour autant que ses vêtements permettaient encore de l’identifier. Et du sang… Partout.
A SUIVRE....