Les idées de Nadine commençaient doucement à se remettre en place. Elle fronça les sourcils tout en se concentrant pour aider son
regard à fouiller l'obscurité. Malgré ses efforts, elle ne put discerner que quelques formes. Une table...un ordinateur visiblement posé dessus, et puis des choses accrochées aux murs, mais
qu'elle ne pouvait identifier Elle tenta de se redresser mais ses liens l'en empêchèrent. Elle se sentait faible, et la faim lui tiraillait l'estomac. Les gargouillis étaient si intenses qu'ils
en étaient douloureux. La douleur ressentie s'additionnait à celle que lui procurait sa mâchoire. Le simple fait d'essayer d'avaler sa salive était un effort. Baur lui avait en effet enfoncé une
sorte de boule en plastique dans la bouche, et un bâillon la retenait à l'intérieur, empêchant Nadine de prononcer le moindre son audible et gênant considérablement sa respiration. Celle ci
devait en outre se concentrer pour canaliser sa salive vers son oesophage afin de réussir à déglutir sans faire de fausse route.
Une autre sensation désagréable la taraudait également depuis un moment... l'envie d'uriner...Elle essaya pendant un long moment de contrôler sa vessie, mais au bout
d'une heure, la sensation tout d'abord inconfortable avait cédé la place à une douleur bien plus forte que les élancements de sa mâchoire. Au bout d'un moment, elle dut céder...Elle tenta
péniblement de se mettre sur le côté et sentit le flot chaud et libérateur, s'écouler entre ses cuisses et ruisseler au sol. La sensation était paradoxalement à la fois douloureuse et apaisante,
tant elle avait serré son sphincter pour le contrôler. Ce relâchement eut un effet dévastateur sur le moral de Nadine. Elle fondit en larme. Pour la première fois depuis le commencement de cette
histoire, elle se demanda si elle allait mourir et si elle allait souffrir... L'épuisement et la panique s'emparèrent de son esprit... Elle se mit à trembler tout en sanglotant.
44
Philippe Baur avait regagné son bureau et s'était enfermé à l'intérieur. Il se tenait droit, raide, immobile, appuyé contre le mur. Si son corps ne laissait rien paraître de son état d'esprit,
son cerveau lui était dans un état d'éveil maximal. Chaque muscle de son corps était sous tension. Son regard était concentré sur les silhouettes des deux policiers qui s'éloignaient en direction
du break blanc, et qu'il suivait par la fenêtre.
Ils n'ont rien...
.
Baur se répéta plusieurs fois ces quelques mots tentant de s'en convaincre. Mais si le flic répondant au
nom de Poulard avec son air débonnaire ne semblait manifester que peu d'intérêt à cette enquête, l'autre avait cet air sombre qu'il connaissait si bien pour l'avoir lui même. Kérouec était de ces
hommes décalés du temps, capables d'aller au bout des choses... quelles qu'en soient les conséquences... quel qu'en soit le prix à payer, fut ce le sacrifice
ultime...
Il suivit des yeux les deux hommes... Puis la voiture. Il la regarda s'éloigner le long de l'allée
principale de l'hôpital.
On frappa à la porte. C'était Justine Pétard...
Il tourna la tête en direction de la porte de son bureau.
-
« j'arrive Justine... deux minutes !! », lança t-il sèchement.
Il s'apprêtait à retourner à ses activités
lorsqu'il l'aperçu. Il le reconnut immédiatement. Le jeune homme, plutôt grand qui quittait les urgences était l'ami de Nadine. Le même qui plusieurs fois avait involontairement contrarié ses
tentatives pour s'emparer de la jeune fille.
Le visage de Baur se fit plus sombre. Il y avait tout d'abord eu les
flics... et maintenant, l'ami de Nadine.
Baur réfléchit rapidement. Le jeune homme était sûrement venu voir
Julie Bardaillan. Celle ci s'était occupée de Nadine pendant son stage aux urgences, et celui ci espérait probablement des renseignements.
- « Sale petit fouineur... Si je peux, je te saignerai... comme cette truie de Deiss...! », murmura-t-il silencieusement.
Ludo regagnait la Fiat, garée face aux urgences lorsque son attention fut attirée par un cri. Julie se précipitait hors des urgences avec une
écharpe à la main.
- « Ludo!... Ludo!... Vous avez oublié votre écharpe! ».
- « Merci madame.... ».
Ses yeux étaient rougis de fatigue
et d'inquiétude.
Julie posa sa main sur son épaule
- « Courage !... On va la retrouver... ».
-
« Merci… ».
Julie tourna les talons en re-serrant le haut de sa tunique. Le temps était clair, mais le
froid toujours aussi virulent. Son regard se posa inconsciemment sur les véhicules garés sur l’esplanade. Celui-ci s’arrêta sur un 4 x 4 sombre dont l’avant était enfoncé et le pare brise
partiellement étoilé. Elle marqua un temps d’arrêt en examinant le véhicule et s’en approcha. Le 4 x 4 gris anthracite avait le pare choc enfoncé et un feu brisé. Le pare brise présentait un
point d’impact relativement gros, légèrement enfoncé en son centre et dont la périphérie était constellée d’éclats. Un macaron d’autorisation propre à l’hôpital était affiché de même qu’un
caducée médical…
Julie reconnu là la voiture de Philippe Baur, qu’elle avait déjà croisé plusieurs fois, notamment le
jour où celle-ci s’était retrouvée derrière elle alors qu’elle accompagnait Nadine.
Une idée folle, plus proche de
l’intuition que de l’analyse logique lui vînt en tête…
Elle repensa à ce que lui avait raconté l’ami de Nadine, Ludo…
L’accident de Paul Marchand… L’effraction du domicile de Nadine… Les cas d’OD douteuses de toxicos auxquelles elles avaient été confrontées. Philippe Baur était présent ces jours là… Baur, encore
une fois connaissait certains de ces patients…Baur s’était particulièrement impliqué dans la prise en charge de Pierre Vasseur… et celui-ci était décédé dans son service. Et enfin, c’était la
voiture de Baur qui était accidentée…
Julie n’était pas experte en accident, mais les zones d’impacts ne laissait pas
envisager un simple accident de pare chocs à pare chocs.
Elle fut prise d’un vertige en remettant en ordre les
pensées qui venaient de l’assaillir.
Elle s’apprêtait à retourner aux urgences lorsque leurs regards se
croisèrent.
Baur était là, derrière sa fenêtre. Julie parvenait à identifier la silhouette et le visage de celui-ci
malgré le reflet. Baur la regardait, sans sourire. Julie ne savait pas si elle était observée depuis longtemps. Passés quelques brefs instants, Baur pivota et tourna le dos à la fenêtre se
perdant dans la pénombre de la pièce. Outre le froid qui l’assaillait, Julie ressenti une onde glacée tout le long de son dos et regagna la chaleur de son service les mains
tremblantes.
Etait ce possible… ?
Il n’y avait aucune preuve… Et si elle s’était tout simplement trompée de voiture ?...
Mais Baur l’avait
surveillé. C’était bien elle qu’il regardait partiellement caché par le mur de la pièce…Ils n’avaient échangé leur regard que quelques secondes, mais l’expression que Julie y avait lu était
indicible…
- « Tu deviens folle ma pauvre Julie… Tu devrais arrêter de lire les romans de Thomas… Tu
psychotes !! », murmura-t-elle intérieurement.
Elle regagna les boxs mais le trouble s’était immiscé en
elle…
45
Les deux infirmières et le médecin réanimateur se précipitèrent hors de l’office où ils discutaient encore tranquillement quelques fractions de secondes plus tôt, avant que l’alarme ne
retentisse. Les parts du gâteau amené par l’élève infirmière restèrent dans l’assiette. Le médecin renversa au passage sa tasse remplie de café brûlant sur ses pieds, lui arrachant un juron et
une grimace de douleur. La porte claqua derrière eux. L’aide soignant avait déjà récupéré le chariot d’urgence et se précipitait lui aussi dans la chambre. L'aperçu du tracé sur le scope
indiquait un état de fibrillation ventriculaire.
Le médecin examina rapidement Paul Marchand tout en demandant à ses
parents de bien vouloir attendre au dehors.
La mère de Paul fut prise de tremblements, d’une violente crise de larmes
et de sanglots. Son père, tentait comme il pouvait de l’entraîner hors de la pièce afin de ne pas gêner les soins.
-
« Paul !!..... Paul !!!! » cria-t elle en s’accrochant désespérément à la porte.
- « Viens
ma chérie… Il faut sortir… Ils savent ce qu’il faut faire…Laissons les… », lui dit doucement son mari d’une voix étranglée.
Ils les virent s’agiter une bonne demi heure autour de leur fils. Les infirmières et l’aide soignant sortirent plusieurs fois, à tour de rôle, le visage fermé,
visiblement tendues.
Le père de Paul tentait de garder emprisonné contre son cou le visage de son épouse pour ne pas
qu’elle puisse voir ce qui se passait. Il vit le médecin et les infirmières brancher le défibrillateur, s’écarter…les bras du médecin tenant des palettes de plastique et d’acier sur la poitrine
de leur fils. Le corps de Paul fut prit de secousses. Une fois… Puis une deuxième… Et enfin une troisième. Les infirmières, elles, injectaient des médicaments dans la perfusion tout en réalisant
un remue ménage des différents appareillages présents autour du lit. Monsieur Marchand et son épouse s’étaient assis dans le couloir…résignés…suspendus au moindre regard, à la moindre
attitude…
Ce n’est qu’environ quarante cinq minutes plus tard, que le médecin réanimateur sortit de la chambre. Son
air était grave. Madame Marchand cru sentir son coeur s'arrêter, le temps comme ralenti.
- « Votre fils a refait
un arrêt cardiaque... Nous avons réussi à le faire repartir, mais ses paramètres vitaux se sont aggravés... Nous avons du augmenter la ventilation. Nous le réévaluerons dans une heure... Je suis
désolé ».
- « Merci docteur.... », répondit le père de Paul. Sa mère, elle, était incapable de quoi
que ce soit...
Le père de Paul s'absenta quelques instants pour aller chercher un café au distributeur. Il
passa devant le poste de soins et son regard se posa sur une des deux infirmières qui étaient intervenues auprès de son fils. Celle ci était prostrée, la tête entre ses mains...Il baissa la
sienne imperceptiblement.
46
Yann Kérouec et Jean Louis Poulard s'apprêtaient à rentrer à la brigade lorsque Kérouec poussa un juron dans la
voiture tout en freinant brutalement et en se rangeant en warnings sur la voie des bus.
- « Putain !...
Yann !, Qu'est ce qui te prends ???...t'as vu un fantôme ou quoi? », lui lança Jean Louis, brutalement arraché à ses rêveries. Le visage et la silhouette de Justine Pétard venait de
disparaître de son esprit comme un nuage de fumée qui se dissipe...
- « Jean Louis... Il y avait une voiture sur
le parking de l'hosto... Une Fiat cinq cent.... ».
- « Hummmm... oui... Peut être !, j'ai pas fais
gaffe... ».
- « J'ai pas tilté tout de suite, mais ca me revient maintenant!... Cette voiture, je jurerai
que c'est la même que celle des deux jeunes que l'on a vu l'autre jour devant l'adresse de Deiss. ».
- « Tu
veux parler de la fille et du mecs qui ressemblaient pas à la clientèle habituelle de Deiss? ».
-
« Exactement !... Bon sang, je suis convaincu que ce n'est pas une coïncidence !!... Je vais relire notre rapport de surveillance et vérifier l'identité du proprio de cette Fiat. Toi, Jean
Louis, fait le tour du personnel du centre méthadone... Etat civil, amendes, condamnations éventuelles... Tout ce que tu peux trouver. Sors leur les squelettes des placards s'il le faut... Cet
hôpital est la clef de toute cette histoire de merde... ».
Une demi heure plus tard, le break blanc se garait le
long d'un des quais près du 36 Quai des Orfèvres. Notre Dame, en face, se détachait sur le bleu du ciel. Des plaques de neiges et de glaces subsistaient de ci delà sur l'architecture gothique.
Yann Kérouec avait toujours sourit de cette drôle d'association. Le « temple » de la Police française d'un côté et de l'autre la maison suprême du Bon Dieu. Est ce que les initiateurs
du 36 y avait cherché une aide spirituelle ou était ce une simple coïncidence ?... Il n'en savait rien. Et puis , sa foi s'était éteinte depuis bien longtemps...
Kérouec et Poulard pénétrèrent au sein du bâtiment en souriant au planton qui leur rendit le bonjour par un salut militaire de
rigueur.
- « Super job ! », lança Poulard en faisant allusion au gardien de la paix en
faction.
Kérouec ne releva pas la remarques de son ami... Son esprit était déjà en train de gravir les trois étages
les séparant de leur bureau pour pouvoir consulter les rapports réalisés...
Quelques minutes plus tard, ils
pénétraient dans le hall de leur unité. Il y avait Dureuil, jeune flic émoulu de l'école des officiers de police et dont la seule idée était de gagner des galons afin d'intégrer la brigade anti
terroriste, Vasquez, trente ans de boîte... Aussi large que haut et dont les manches trempaient systématiquement dans l'assiette lorsqu'il mangeait au self du 36'. Enfin, si on pouvait appeler ça
manger !. Ils croisèrent enfin le commissaire De Partel, leur chef, accompagné de la stagiaire secrétaire qu'ils avaient reçu depuis deux semaines. Poulard, en la regardant ne pu s'empêcher de la
dévisager de la tête au pieds en s'attardant sur l'espace intermédiaire et en repensant à Justine Pétard... De Partel était un homme de terrain, pragmatique, et lucide sur l'efficacité de sa
hiérarchie et de l'institution policière. Kérouec et lui, sans être véritablement amis, se manifestaient un respect réciproque, et leur collaboration s'était toujours montrée
efficace.
Ils gagnèrent leur bureau quelques instants plus tard. La recherche informatique fut rapide. Kérouec
consultat le rapport de surveillance réalisé devant le domicile de Deiss. L'information apparut. Le numéro de plaque minéralogique relevé sur la Fiat. Quelques instants plus tard après avoir
consulté le fichier des immatriculations, l'information tomba : Ludovic Bressan, propriétaire du véhicule, 22 ans, domicilié dans le quatorzième. Kérouec lança l'imprimante, attrapa la page à
peine sortie et se leva en faisant signe à Poulard...
Poulard avala d'un trait le reste de son café, se saisit de son
vieil imperméable et s'élança dans le sillage de Kérouec.
- « Putain ! Ca y est!.... C'est reparti ! »,
murmura t-il.
47
18h... Philippe Baur quitta le centre méthadone en saluant ses collègues. Une fin de journée normale en somme.
Et pourtant... La nouvelle de l'accident de Paul Marchand était désormais connue de tous. L'ambiance avait été lourde. Justine Pétard s'était remaquillée plusieurs
fois. Baur, de son côté avait analysé la situation en long et en large. Sa position était compromise de même que son oeuvre. Le regard de Julie Bardaillan était sans équivoque. Celle ci avait
découvert quelque chose ou en tout cas, elle suspectait quelque chose. Il ne souhaitait plus qu'une chose...Rentrer. Là, il aviserait. Mais il ne laisserait personne... personne, lui ravir sa
proie. Il imaginait celle ci frigorifiée, apeurée dans sa cave. Cette simple image suffit à le faire sourire. Ses yeux étaient brillants. Quiconque l'aurait vu à cet instant aurait pris peur et
comprit ce qu'il avait en tête...
Le ciel s'était à nouveau obscurci. Le soir était
tombé. Les nuages se pressaient et s'accumulaient, portés par un vent glacial.
Baur se dirigea vers le parking
tout en jetant un regard en direction des urgences. Lorsqu'il arriva près du 4x4, il scruta brièvement les dégâts de son véhicule. Rien de dramatique, mais les marques étaient présentes. Avec le
recul il se dit qu'il aurait du trouver un autre moyen pour se débarrasser de Paul Marchand... mais bon... le sort en était jeté.
Il s'assit au volant et démarra le moteur. Le 4x4 s'élança ensuite dans l'allée principale, assombrie, dépassant au passage un de ses collègues de réa qui lui adressa
un sourire et un signe de la main. Il fit mine de ne pas le voir.
Le trajet fut rapide. Lorsqu'il s'engouffra dans le
parking souterrain de son immeuble, il repensa à sa jeune et prétentieuse voisine en souriant... Il se mit à siffloter le tube des Doors qui ne le lâchait jamais. L'excitation montait. Son rythme
cardiaque s'accélérait.
- « J'arrive Nadine... Encore un peu de patience.... », murmura
t-il.
Après avoir actionné la condamnation centralisée des portières, il se dirigea vers l'ascenseur. L'immeuble
semblait s'être partiellement vidé de ses occupants. Noël approchait. Lorsqu'il pénétra dans son appartement, son regard fut immédiatement attiré par le voyant clignotant de son répondeur. Il
l'ignora dans un premier temps et gagna la salle de bain. Là il se dévêtit entièrement. Son corps était puissant, musclé malgré la cinquantaine qui approchait. Il se contempla quelques instants
avant de s'enduire de la même crème parfumée qu'il avait utilisé pour préparer sa soirée avec Alexia... Cette soirée serait l'apothéose... Quelques instants plus tard il enfila des vêtements
propres, et se dirigea vers le salon de son appartement. Il s'assit sur le canapé et entreprit le tri de son courrier. Entre les publicités de grandes enseignes, les factures de fin de mois, et
quelques courriers divers, rien ne réussit à retenir son attention. Tout ça pouvait bien attendre. Il soupira et se leva pour se diriger vers le répondeur. Après avoir appuyé sur le
l'interrupteur de commande, la voix enregistrée résonna dans le salon. Baur se crispa soudainement. La voix appartenait à l'officier Kérouec... Le policier qui était venu le voir avec un de ses
collègues ce matin là. Il souhaitait le revoir... De nouvelles questions... Le ton était plutôt directif...
Baur
sentit que l'étau se précisait. Il fulminait. Pour une fois, il se laissa gagner par la fureur, ne maîtrisant plus ses actes. Son poing partit dans la lampes de chevet puis dans le cadre accroché
au mur. L'abat jour éclata sous l'impact et la lampe alla se briser sur le sol. Le verre du cadre explosa, pénétrant au passage la main de Baur, ce qui fit redoubler sa colère. Il arma un coup de
pied monumental en direction de la console de chevet. Le bois éclata bruyamment sous l'impact. Les quelques bibelots posés dessus traversèrent la pièce...
Il regarda sa main. Il avait deux phalanges abîmées et une plaie profonde sur la peaume... Le sang s'écoulait en gouttes épaisses jusque sur le
sol...
- « Merde!.... », cria t-il en contrôlant la puissance de sa voix...
Il se saisit d'un mouchoir en papier pour comprimer la plaie... Ces deux flics n'allaient pas le lâcher. Il en était maintenant
convaincu....
48
L'après midi de Julie Bardaillan avait été exécrable. Rien de transcendant dans son travail si ce n'était la mauvaise humeur de plusieurs patients. L'un d'entre eux, une jeune femme, externe en
médecine, les avait harcelé pendant une heure pour passer en priorité alors qu'elle venait pour un simple pansement défait. La goutte d'eau de trop avait été la réflexion de celle ci se plaignant
de la différence entre les urgences américaines que l'on voyait dans les séries tv, et le rythme des urgences françaises... Chose rare, Julie Avait perdu son flegme et l'avait expulsé sans
ménagement vers la salle d'attente en la menaçant de prévenir le vigile. Ce qu'elle avait vu en fin de matinée n'y était pas étranger. Elle avait tourné et retourné les informations et les
évènements passés dans sa tête toute la journée. Son intuition la trompait rarement. Il fallait qu'elle en parle à Thomas... Ce soir...