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  • : Cyril Poujoulat
  • cyrilpoujoulat
  • : Homme
  • : 14/09/1970
  • : Paris 75015
  • : Cadre IDE formateur depuis plus de 4 ans, j'ai souhaité au travers de ce blog, faire profité les ESI de cours, infos, exercices d'application de prescriptions médicales, et remarques, sans langue de bois!!

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Vendredi 14 mars 2008
Bonjour à toutes et à tous !!

Il semblerait que certains d'entre vous pateaugent un peu dans la semoule !!
Voici un petit indice qui devrait vous éclairer quelque peu...

Voici les initiales des personnes ayant participé aux photos (bien évidemment dans le désordre !!!!!!).

CP
CB
ASS
CG
JMM
SV
DM
ED
CL
MPB
SD
SDj
par Cyril Poujoulat publié dans : CONCOURS
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Dimanche 9 mars 2008

Les idées de Nadine commençaient doucement à se remettre en place. Elle fronça les sourcils tout en se concentrant pour aider son regard à fouiller l'obscurité. Malgré ses efforts, elle ne put discerner que quelques formes. Une table...un ordinateur visiblement posé dessus, et puis des choses accrochées aux murs, mais qu'elle ne pouvait identifier Elle tenta de se redresser mais ses liens l'en empêchèrent. Elle se sentait faible, et la faim lui tiraillait l'estomac. Les gargouillis étaient si intenses qu'ils en étaient douloureux. La douleur ressentie s'additionnait à celle que lui procurait sa mâchoire. Le simple fait d'essayer d'avaler sa salive était un effort. Baur lui avait en effet enfoncé une sorte de boule en plastique dans la bouche, et un bâillon la retenait à l'intérieur, empêchant Nadine de prononcer le moindre son audible et gênant considérablement sa respiration. Celle ci devait en outre se concentrer pour canaliser sa salive vers son oesophage afin de réussir à déglutir sans faire de fausse route.
Une autre sensation désagréable la taraudait également depuis un moment... l'envie d'uriner...Elle essaya pendant un long moment de contrôler sa vessie, mais au bout d'une heure, la sensation tout d'abord inconfortable avait cédé la place à une douleur bien plus forte que les élancements de sa mâchoire. Au bout d'un moment, elle dut céder...Elle tenta péniblement de se mettre sur le côté et sentit le flot chaud et libérateur, s'écouler entre ses cuisses et ruisseler au sol. La sensation était paradoxalement à la fois douloureuse et apaisante, tant elle avait serré son sphincter pour le contrôler. Ce relâchement eut un effet dévastateur sur le moral de Nadine. Elle fondit en larme. Pour la première fois depuis le commencement de cette histoire, elle se demanda si elle allait mourir et si elle allait souffrir... L'épuisement et la panique s'emparèrent de son esprit... Elle se mit à trembler tout en sanglotant.

 

                                                                       44

 

                                              Philippe Baur avait regagné son bureau et s'était enfermé à l'intérieur. Il se tenait droit, raide, immobile, appuyé contre le mur. Si son corps ne laissait rien paraître de son état d'esprit, son cerveau lui était dans un état d'éveil maximal. Chaque muscle de son corps était sous tension. Son regard était concentré sur les silhouettes des deux policiers qui s'éloignaient en direction du break blanc, et qu'il suivait par la fenêtre. 
Ils n'ont rien... . 
Baur se répéta plusieurs fois ces quelques mots tentant de s'en convaincre. Mais si le flic répondant au nom de Poulard avec son air débonnaire ne semblait manifester que peu d'intérêt à cette enquête, l'autre avait cet air sombre qu'il connaissait si bien pour l'avoir lui même. Kérouec était de ces hommes décalés du temps, capables d'aller au bout des choses... quelles qu'en soient les conséquences... quel qu'en soit le prix à payer, fut ce le sacrifice ultime...
Il suivit des yeux les deux hommes... Puis la voiture. Il la regarda s'éloigner le long de l'allée principale de l'hôpital.
On frappa à la porte. C'était Justine Pétard...
Il tourna la tête en direction de la porte de son bureau.
-  « j'arrive Justine... deux minutes !! », lança t-il sèchement.
Il s'apprêtait à retourner à ses activités lorsqu'il l'aperçu. Il le reconnut immédiatement. Le jeune homme, plutôt grand qui quittait les urgences était l'ami de Nadine. Le même qui plusieurs fois avait involontairement contrarié ses tentatives pour s'emparer de la jeune fille.
Le visage de Baur se fit plus sombre. Il y avait tout d'abord eu les flics... et maintenant, l'ami de Nadine. 
Baur réfléchit rapidement. Le jeune homme était sûrement venu voir Julie Bardaillan. Celle ci s'était occupée de Nadine pendant son stage aux urgences, et celui ci espérait probablement des renseignements.
- « Sale petit fouineur... Si je peux, je te saignerai... comme cette truie de Deiss...! », murmura-t-il silencieusement.
Ludo regagnait la Fiat, garée face aux urgences lorsque son attention fut attirée par un cri. Julie se précipitait hors des urgences avec une écharpe à la main.
- « Ludo!... Ludo!... Vous avez oublié votre écharpe! ».
- « Merci madame.... ».
Ses yeux étaient rougis de fatigue et d'inquiétude.
Julie posa sa main sur son épaule
- « Courage !... On va la retrouver... ».
- « Merci… ».
Julie tourna les talons en re-serrant le haut de sa tunique. Le temps était clair, mais le froid toujours aussi virulent. Son regard se posa inconsciemment sur les véhicules garés sur l’esplanade. Celui-ci s’arrêta sur un 4 x 4 sombre dont l’avant était enfoncé et le pare brise partiellement étoilé. Elle marqua un temps d’arrêt en examinant le véhicule et s’en approcha. Le 4 x 4 gris anthracite avait le pare choc enfoncé et un feu brisé. Le pare brise présentait un point d’impact relativement gros, légèrement enfoncé en son centre et dont la périphérie était constellée d’éclats. Un macaron d’autorisation propre à l’hôpital était affiché de même qu’un caducée médical…
Julie reconnu là la voiture de Philippe Baur, qu’elle avait déjà croisé plusieurs fois, notamment le jour où celle-ci s’était retrouvée derrière elle alors qu’elle accompagnait Nadine.
Une idée folle, plus proche de l’intuition que de l’analyse logique lui vînt en tête…
Elle repensa à ce que lui avait raconté l’ami de Nadine, Ludo… L’accident de Paul Marchand… L’effraction du domicile de Nadine… Les cas d’OD douteuses de toxicos auxquelles elles avaient été confrontées. Philippe Baur était présent ces jours là… Baur, encore une fois connaissait certains de ces patients…Baur s’était particulièrement impliqué dans la prise en charge de Pierre Vasseur… et celui-ci était décédé dans son service. Et enfin, c’était la voiture de Baur qui était accidentée…
Julie n’était pas experte en accident, mais les zones d’impacts ne laissait pas envisager un simple accident de pare chocs à pare chocs.
Elle fut prise d’un vertige en remettant en ordre les pensées qui venaient de l’assaillir.
Elle s’apprêtait à retourner aux urgences lorsque leurs regards se croisèrent.
Baur était là, derrière sa fenêtre. Julie parvenait à identifier la silhouette et le visage de celui-ci malgré le reflet. Baur la regardait, sans sourire. Julie ne savait pas si elle était observée depuis longtemps. Passés quelques brefs instants, Baur pivota et tourna le dos à la fenêtre se perdant dans la pénombre de la pièce. Outre le froid qui l’assaillait, Julie ressenti une onde glacée tout le long de son dos et regagna la chaleur de son service les mains tremblantes.
Etait ce possible… ?
Il n’y avait aucune preuve… Et si elle s’était tout simplement trompée de voiture ?...
Mais Baur l’avait surveillé. C’était bien elle qu’il regardait partiellement caché par le mur de la pièce…Ils n’avaient échangé leur regard que quelques secondes, mais l’expression que Julie y avait lu était indicible…
- « Tu deviens folle ma pauvre Julie… Tu devrais arrêter de lire les romans de Thomas… Tu psychotes !! », murmura-t-elle intérieurement.
Elle regagna les boxs mais le trouble s’était immiscé en elle…

 

                                                                         45

 

                                                     Les deux infirmières et le médecin réanimateur se précipitèrent hors de l’office où ils discutaient encore tranquillement quelques fractions de secondes plus tôt, avant que l’alarme ne retentisse. Les parts du gâteau amené par l’élève infirmière restèrent dans l’assiette. Le médecin renversa au passage sa tasse remplie de café brûlant sur ses pieds, lui arrachant un juron et une grimace de douleur. La porte claqua derrière eux. L’aide soignant avait déjà récupéré le chariot d’urgence et se précipitait lui aussi dans la chambre. L'aperçu du tracé sur le scope indiquait un état de fibrillation ventriculaire.
Le médecin examina rapidement Paul Marchand tout en demandant à ses parents de bien vouloir attendre au dehors.
La mère de Paul fut prise de tremblements, d’une violente crise de larmes et de sanglots. Son père, tentait comme il pouvait de l’entraîner hors de la pièce afin de ne pas gêner les soins.
- « Paul !!..... Paul !!!! » cria-t elle en s’accrochant désespérément à la porte.
- « Viens ma chérie… Il faut sortir… Ils savent ce qu’il faut faire…Laissons les… », lui dit doucement son mari d’une voix étranglée.
Ils les virent s’agiter une bonne demi heure autour de leur fils. Les infirmières et l’aide soignant sortirent plusieurs fois, à tour de rôle, le visage fermé, visiblement tendues.
Le père de Paul tentait de garder emprisonné contre son cou le visage de son épouse pour ne pas qu’elle puisse voir ce qui se passait. Il vit le médecin et les infirmières brancher le défibrillateur, s’écarter…les bras du médecin tenant des palettes de plastique et d’acier sur la poitrine de leur fils. Le corps de Paul fut prit de secousses. Une fois… Puis une deuxième… Et enfin une troisième. Les infirmières, elles, injectaient des médicaments dans la perfusion tout en réalisant un remue ménage des différents appareillages présents autour du lit. Monsieur Marchand et son épouse s’étaient assis dans le couloir…résignés…suspendus au moindre regard, à la moindre attitude…
Ce n’est qu’environ quarante cinq minutes plus tard, que le médecin réanimateur sortit de la chambre. Son air était grave. Madame Marchand cru sentir son coeur s'arrêter, le temps comme ralenti.
- « Votre fils a refait un arrêt cardiaque... Nous avons réussi à le faire repartir, mais ses paramètres vitaux se sont aggravés... Nous avons du augmenter la ventilation. Nous le réévaluerons dans une heure... Je suis désolé ».
- « Merci docteur.... », répondit le père de Paul. Sa mère, elle, était incapable de quoi que ce soit... 
Le père de Paul s'absenta quelques instants pour aller chercher un café au distributeur. Il passa devant le poste de soins et son regard se posa sur une des deux infirmières qui étaient intervenues auprès de son fils. Celle ci était prostrée, la tête entre ses mains...Il baissa la sienne imperceptiblement.

 

                                                                             46

 

Yann Kérouec et Jean Louis Poulard s'apprêtaient à rentrer à la brigade lorsque Kérouec poussa un juron dans la voiture tout en freinant brutalement et en se rangeant en warnings sur la voie des bus. 
- « Putain !... Yann !, Qu'est ce qui te prends ???...t'as vu un fantôme ou quoi? », lui lança Jean Louis, brutalement arraché à ses rêveries. Le visage et la silhouette de Justine Pétard venait de disparaître de son esprit comme un nuage de fumée qui se dissipe...
- « Jean Louis... Il y avait une voiture sur le parking de l'hosto... Une Fiat cinq cent.... ».
- « Hummmm... oui... Peut être !, j'ai pas fais gaffe... ».
- « J'ai pas tilté tout de suite, mais ca me revient maintenant!... Cette voiture, je jurerai que c'est la même que celle des deux jeunes que l'on a vu l'autre jour devant l'adresse de Deiss. ».
- « Tu veux parler de la fille et du mecs qui ressemblaient pas à la clientèle habituelle de Deiss? ».
- « Exactement !... Bon sang, je suis convaincu que ce n'est pas une coïncidence !!... Je vais relire notre rapport de surveillance et vérifier l'identité du proprio de cette Fiat. Toi, Jean Louis, fait le tour du personnel du centre méthadone... Etat civil, amendes, condamnations éventuelles... Tout ce que tu peux trouver. Sors leur les squelettes des placards s'il le faut... Cet hôpital est la clef de toute cette histoire de merde... ».
Une demi heure plus tard, le break blanc se garait le long d'un des quais près du 36 Quai des Orfèvres. Notre Dame, en face, se détachait sur le bleu du ciel. Des plaques de neiges et de glaces subsistaient de ci delà sur l'architecture gothique. Yann Kérouec avait toujours sourit de cette drôle d'association. Le « temple » de la Police française d'un côté et de l'autre la maison suprême du Bon Dieu. Est ce que les initiateurs du 36 y avait cherché une aide spirituelle ou était ce une simple coïncidence ?... Il n'en savait rien. Et puis , sa foi s'était éteinte depuis bien longtemps...
Kérouec et Poulard pénétrèrent au sein du bâtiment en souriant au planton qui leur rendit le bonjour par un salut militaire de rigueur.
- « Super job ! », lança Poulard en faisant allusion au gardien de la paix en faction.
Kérouec ne releva pas la remarques de son ami... Son esprit était déjà en train de gravir les trois étages les séparant de leur bureau pour pouvoir consulter les rapports réalisés...
Quelques minutes plus tard, ils pénétraient dans le hall de leur unité. Il y avait Dureuil, jeune flic émoulu de l'école des officiers de police et dont la seule idée était de gagner des galons afin d'intégrer la brigade anti terroriste, Vasquez, trente ans de boîte... Aussi large que haut et dont les manches trempaient systématiquement dans l'assiette lorsqu'il mangeait au self du 36'. Enfin, si on pouvait appeler ça manger !. Ils croisèrent enfin le commissaire De Partel, leur chef, accompagné de la stagiaire secrétaire qu'ils avaient reçu depuis deux semaines. Poulard, en la regardant ne pu s'empêcher de la dévisager de la tête au pieds en s'attardant sur l'espace intermédiaire et en repensant à Justine Pétard... De Partel était un homme de terrain, pragmatique, et lucide sur l'efficacité de sa hiérarchie et de l'institution policière. Kérouec et lui, sans être véritablement amis, se manifestaient un respect réciproque, et leur collaboration s'était toujours montrée efficace.
Ils gagnèrent leur bureau quelques instants plus tard. La recherche informatique fut rapide. Kérouec consultat le rapport de surveillance réalisé devant le domicile de Deiss. L'information apparut. Le numéro de plaque minéralogique relevé sur la Fiat. Quelques instants plus tard après avoir consulté le fichier des immatriculations, l'information tomba : Ludovic Bressan, propriétaire du véhicule, 22 ans, domicilié dans le quatorzième. Kérouec lança l'imprimante, attrapa la page à peine sortie et se leva en faisant signe à Poulard...
Poulard avala d'un trait le reste de son café, se saisit de son vieil imperméable et s'élança dans le sillage de Kérouec.
- « Putain ! Ca y est!.... C'est reparti ! », murmura t-il.

 

                                                                        47

 

                                                  18h... Philippe Baur quitta le centre méthadone en saluant ses collègues. Une fin de journée normale en somme.
Et pourtant... La nouvelle de l'accident de Paul Marchand était désormais connue de tous. L'ambiance avait été lourde. Justine Pétard s'était remaquillée plusieurs fois. Baur, de son côté avait analysé la situation en long et en large. Sa position était compromise de même que son oeuvre. Le regard de Julie Bardaillan était sans équivoque. Celle ci avait découvert quelque chose ou en tout cas, elle suspectait quelque chose. Il ne souhaitait plus qu'une chose...Rentrer. Là, il aviserait. Mais il ne laisserait personne... personne, lui ravir sa proie. Il imaginait celle ci frigorifiée, apeurée dans sa cave. Cette simple image suffit à le faire sourire. Ses yeux étaient brillants. Quiconque l'aurait vu à cet instant aurait pris peur et comprit ce qu'il avait en tête...
Le ciel s'était à nouveau obscurci. Le soir était tombé. Les nuages se pressaient et s'accumulaient, portés par un vent glacial.
Baur se dirigea vers le parking tout en jetant un regard en direction des urgences. Lorsqu'il arriva près du 4x4, il scruta brièvement les dégâts de son véhicule. Rien de dramatique, mais les marques étaient présentes. Avec le recul il se dit qu'il aurait du trouver un autre moyen pour se débarrasser de Paul Marchand... mais bon... le sort en était jeté.
Il s'assit au volant et démarra le moteur. Le 4x4 s'élança ensuite dans l'allée principale, assombrie, dépassant au passage un de ses collègues de réa qui lui adressa un sourire et un signe de la main. Il fit mine de ne pas le voir.
Le trajet fut rapide. Lorsqu'il s'engouffra dans le parking souterrain de son immeuble, il repensa à sa jeune et prétentieuse voisine en souriant... Il se mit à siffloter le tube des Doors qui ne le lâchait jamais. L'excitation montait. Son rythme cardiaque s'accélérait.
- « J'arrive Nadine... Encore un peu de patience.... », murmura t-il.
Après avoir actionné la condamnation centralisée des portières, il se dirigea vers l'ascenseur. L'immeuble semblait s'être partiellement vidé de ses occupants. Noël approchait. Lorsqu'il pénétra dans son appartement, son regard fut immédiatement attiré par le voyant clignotant de son répondeur. Il l'ignora dans un premier temps et gagna la salle de bain. Là il se dévêtit entièrement. Son corps était puissant, musclé malgré la cinquantaine qui approchait. Il se contempla quelques instants avant de s'enduire de la même crème parfumée qu'il avait utilisé pour préparer sa soirée avec Alexia... Cette soirée serait l'apothéose... Quelques instants plus tard il enfila des vêtements propres, et se dirigea vers le salon de son appartement. Il s'assit sur le canapé et entreprit le tri de son courrier. Entre les publicités de grandes enseignes, les factures de fin de mois, et quelques courriers divers, rien ne réussit à retenir son attention. Tout ça pouvait bien attendre. Il soupira et se leva pour se diriger vers le répondeur. Après avoir appuyé sur le l'interrupteur de commande, la voix enregistrée résonna dans le salon. Baur se crispa soudainement. La voix appartenait à l'officier Kérouec... Le policier qui était venu le voir avec un de ses collègues ce matin là. Il souhaitait le revoir... De nouvelles questions... Le ton était plutôt directif...
Baur sentit que l'étau se précisait. Il fulminait. Pour une fois, il se laissa gagner par la fureur, ne maîtrisant plus ses actes. Son poing partit dans la lampes de chevet puis dans le cadre accroché au mur. L'abat jour éclata sous l'impact et la lampe alla se briser sur le sol. Le verre du cadre explosa, pénétrant au passage la main de Baur, ce qui fit redoubler sa colère. Il arma un coup de pied monumental en direction de la console de chevet. Le bois éclata bruyamment sous l'impact. Les quelques bibelots posés dessus traversèrent la pièce...
Il regarda sa main. Il avait deux phalanges abîmées et une plaie profonde sur la peaume... Le sang s'écoulait en gouttes épaisses jusque sur le sol...
- « Merde!.... », cria t-il en contrôlant la puissance de sa voix...
Il se saisit d'un mouchoir en papier pour comprimer la plaie... Ces deux flics n'allaient pas le lâcher. Il en était maintenant convaincu....

 

                                                                     48

 

                                                 L'après midi de Julie Bardaillan avait été exécrable. Rien de transcendant dans son travail si ce n'était la mauvaise humeur de plusieurs patients. L'un d'entre eux, une jeune femme, externe en médecine, les avait harcelé pendant une heure pour passer en priorité alors qu'elle venait pour un simple pansement défait. La goutte d'eau de trop avait été la réflexion de celle ci se plaignant de la différence entre les urgences américaines que l'on voyait dans les séries tv, et le rythme des urgences françaises... Chose rare, Julie Avait perdu son flegme et l'avait expulsé sans ménagement vers la salle d'attente en la menaçant de prévenir le vigile. Ce qu'elle avait vu en fin de matinée n'y était pas étranger. Elle avait tourné et retourné les informations et les évènements passés dans sa tête toute la journée. Son intuition la trompait rarement. Il fallait qu'elle en parle à Thomas... Ce soir...

 

 

 

 

par Cyril Poujoulat publié dans : Roman
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Samedi 8 mars 2008
Bonsoir à tous !!

Vous en avez probablement entendu parler ce weekend, mais une grande étude sur l'évaluation des séquelles potentielles physiques et psychiques des bb nés prématurés est enfin parue. La réanimation jusqu'à 24 semaines était réalisée depuis déjà longtemps, même si les professionnels estimaient déjà avoir des réserves sur l'intérêt pour l'enfant et les parents de réanimer si tôt... Toujours le rapport bénéfice/risque. Aujourd'hui, les résultats semblent indiquer que 40% des bb gardent des séquelles importantes voire très invalidantes, que ce soit physiques ou neurologiques. Le choix de réanimer sera probablement réestimer suite à ces résultats.
Pour en avoir vu un certain nombre il faut être bien conscient de la sévérité de ces handicaps, et surtout informer les parents exposés à ce type de situation...

<style type="text/css" media="all">@import url(http://medias.lemonde.fr/mmpub/css/blog.css);</style>
<div class="bl-lien"><a href="http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/03/07/pres-de-40-des-grands-prematures-presentent-des-deficiences-a-l-age-de-5-ans_1019784_3244.html" target="_blank">Près de 40 % des grands prématurés présentent des déficiences à l'âge de 5 ans</a><br />LE MONDE | 07.03.08<br />
<div align="right">&copy; <a href="http://www.lemonde.fr" target="_blank"><img src="http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/lgo/lemondefr_trpet.gif" border="0" height="13" width="67" align="absmiddle" alt="Le Monde.fr" title="Le Monde.fr"></a></div></div>
par Cyril Poujoulat publié dans : INFOS GENERALES
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Samedi 8 mars 2008
Bonsoir à tous !!!

Petite news en avant première !!!
Le prochain exercice Nrbc est semble t il prévu pour le 10 avril. La demande du responsable du SAU est la même que lors de l'exercice du 10 octobre...  Je le contacte dans la semaine et vous tiens au courant... Les modalités d'inscription seront les mêmes que la fois précédente... Que les amateurs dressent d'ores et déjà une liste de candidatures !!. De mon côté, je m'organise avec notre adjointe pour voir pour qui cette participation est possible...
A+ 
par Cyril Poujoulat publié dans : INFOS 3ème ANNEE
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Jeudi 6 mars 2008
Bonsoir à tous !!

Le grand jeu concours n'a toujours pas trouvé son vainqueur, malgré plus de 50 connections !!!
Je sais que certains d'entre vous essayent de trouver la solution en équipe... Alors courage !!
Vous pouvez faire plusieurs essais !!
Indice : Les garçons ne sont pas faciles à trouver....
Bonne chasse !
A+
par Cyril Poujoulat publié dans : CONCOURS
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Jeudi 6 mars 2008
Bonsoir à tous...!!

Et oui !, c'est repartit pour le DE... Vos collègues des rentrées de février sont sur les dents. Leur stage DE a commencé Lundi. Bon courage à eux !
Et surtout bon courage à ceux de chez nous qui n'avaient pas pu partager notre joie en novembre et qui doivent repasser ce mois ci...
A+
par Cyril Poujoulat publié dans : Humeurs
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Jeudi 6 mars 2008

Bonsoir à tous !!

Suite à le demande d'un de vos collègue pour un bon millésime à boire, voici une petite douceur qui devrait ravir la plupart des amateurs. Ce vin doux naturel n'est pas à boire avec la recette de galette que je vous avais donné, mais avec un dessert au chocolat. Là, le mariage est extraordinaire !!!
Pour les amateurs de bonnes choses, de très grands patissiers le conseillent avec leurs desserts chocolatés (ex : Pierre Hermé... Vous ne connaissez pas?.... Goûtez la tarte au café !!! c'est à se damner !)
pour le millésime, ne vous prenez pas la tête, la régularité de la qualité est exceptionnelle.
Vous en trouverez notamment à la grande épicérie du Bon Marché à environ 16-17 euros, soit à peine un peu plus que le tarif cave.

mas-amiel.jpg

MAS AMIEL VINTAGE ROUGE (APPELLATION MAURY)
(toutes les autres productions du domaine sont également exceptionnelles !!)
A consommer avec modération (bien évidemment !)

par Cyril Poujoulat publié dans : CUISINE
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Samedi 1 mars 2008
Bonsoir à tous !!

Et voilà !... Comme quoi une semaine de vacances passe très vite !!
Me voilà de retour !
Quelques descentes dans la tête et de l'oxygène... du vrai !....
Souvenir.... :
DSC03014.JPG

Vous trouverez cette semaine de nouvelles infos et la suite d'OD qui sera publiée samedi prochain...
A+...
par Cyril Poujoulat publié dans : Humeurs
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Samedi 23 février 2008
Bonjour à tous !!

Voici venu le temps pour moi de gagner les cîmes...
En attendant de vous retrouver à l'école et sur le blog pour la suite d'OD, le jeu concours, et tout ce qui fait mon blog, je vous souhaite bon courage pour la dernière semaine de stage, pour la dernière semaine de cours avant le stage, et une pensée pour ceux qui travaillent dans les services... 

A très bientôt !

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par Cyril Poujoulat publié dans : Humeurs
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Vendredi 22 février 2008
par Cyril Poujoulat publié dans : MUSIQUE
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Vendredi 22 février 2008

                                                    Grand jeux concours n°9

 

J'avais dit que je dévoilerai cet article ce soir, mais je n'ai pas pu résister !!

Voici donc venu le nouveau jeux concours !!

Attention!, celui ci est particulièrement difficile sachant que la réponse ne sera acceptée que si elle est entièrement exacte... Tous les personnages doivent être correctement identifiés!!

Je vous l'avais donc dit, un jeu concours un peu particulier... Point de virus, formule chimique, problème mathématique ou titre de film à trouver. Ce qu'il vous faut reconnaître aujourd'hui, ce sont vos formateurs et/ou personnels administratifs de l'école !!!!!!!

Et oui! Ça va rire dans les chaumières! Mais c'est pas grave!, l'autodérision est une bonne thérapie!.

Je tiens d'ailleurs à signaler que chaque personne participante l'a fait en conscience et a accepté de diffuser son image sur le blog. Certains n'ont pas participé, par manque de temps pour me donner une photo ou par souhait de ne pas participer tout simplement, ce qui est tout à fait leur droit.

 

Donc !
Le but est d'identifier toutes les personnes présentes sur les photos suivantes, numérotées de 1 à 12.

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                                                                                                              PHOTO1



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                                                                                                 PHOTO 2



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                                                                                                                                             PHOTO 3



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                                                                                                                       PHOTO 4



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                                                                                                                       PHOTO 5



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                                                                                                                            PHOTO 6



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                                                                                                    PHOTO 7



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                                                                                                               PHOTO 8



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                                                                                                               PHOTO 9



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                                                                                                                    PHOTO 10



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                                                                                                      PHOTO 11



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                                                                                                          PHOTO 12

Envoyez moi vos réponses à l'adresse suivante : cpouj@free.fr comme d'habitude...

Le gagnant ou la gagnante gagnera un prix spécial. Les réponses seront comptabilisées jusqu'au 30 mars. La solution sera donnée le 1er avril !!!!!
Amusez vous bien !!!!!!!
et encore merci à tous mes collègues pour s'être prêtés au jeu !!!

par Cyril Poujoulat publié dans : CONCOURS
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Vendredi 22 février 2008

Bonsoir à tous !!!

Voici venu le temps.... des rires et des chants !....
Non !
Plus sérieusement !, voici venu le moment de vous révéler la solution de la dernière énigme...
Celle ci était :

Qu'y a t il d'inscrit sur le fronton sous la tour du clocher se trouvant dans le parc du "gorille", anciennement réputé pour ses chevaux et taureaux...?

Le parc dont il est question est le parc Georges Brassens, situé dans le quinzième arrondissement !. Le gorille, car une des chansons les plus célèbres de Georges Brassens, s'appelait « Gare au gorille ! »... ce parc dont j'ai assisté, avec mes copains de classe, à la construction, a été érigé sur les anciens abattoirs du quinzième. Deux taureaux ornent toujours l'entrée du parc.

La phrase inscrite sur le fronton était : « VENTE A LA CRIEE ».

Le ou la gagnant(e) recevra un email de confirmation pour venir retirer son prix dans mon bureau fonction de nos disponibilités.

par Cyril Poujoulat publié dans : CONCOURS
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Jeudi 21 février 2008

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                                                  Ludo fit le trajet le séparant du quartier où habitait Nadine en un temps record... la Fiat avala les quelques kilomètres tout en ronflant bruyamment... Lorsqu'il arriva aux abords de l'immeuble, il ne remarqua pas les quelques traces, vestiges de l'accident, tout occupé qu'il était à repérer une éventuelle place. Ne trouvant rien après deux ou trois passages, l'énervement fini par le gagner ce qui n'était pas son habitude. Il s'arrêta finalement en double file devant l'entrée, enclencha les « warnings », et sortit au dehors... Si les chutes de neige avaient cessé, le froid, lui, était toujours aussi mordant. Ludo leva son regard en direction de la fenêtre de Nadine en plissant les yeux et passa sa langue sur ses lèvres gercées. Il senti craquer sa lèvre inférieure. Il grimaça légèrement tout en redressant son col, et se précipita à l'intérieur. La cage d'escalier lui faisait face. Il avait toujours maudit ces escaliers interminables, à chaque fois qu'il venait voir son amie. Ce matin là, il s'élança sans réfléchir et gravit les étages sans ressentir la fatigue et l'essoufflement qui le gagnaient en temps normal. 
Ludo était tendu, aux aguets... 
Lorsqu'il prit pieds sur le palier où se trouvait l'appartement de Nadine, il marqua un temps d'arrêt et inspecta la porte d'entrée tout en tendant l'oreille. Aucun son ne lui parvint. Il tendit son bras vers la sonnette, et appuya longuement dessus. Après trois tentatives, Ludo du se résigner. Nadine était absente. Elle n'était pas rentrée comme elle le lui avait dit... L'inquiétude s'empara à nouveau de lui. Le contenu du mini message de Nadine lui revint en tête... 
« c pas un accident...il a découvert qq chose à l'hosto... ».
Ludo s'assit sur les premières marches du palier et attendit ... une demi heure...une heure. Il recomposa au moins vingt fois le numéro de portable de son amie, laissa trois messages... Vers 9h30, n'y tenant plus, il repensa à Nadine et au contact amical que celle ci avait noué avec la femme de monsieur Bardaillan. Nadine semblait être persuadée en outre que Paul avait trouvé quelque chose à l'hôpital... Il repensa également aux conclusions que Nadine et lui avaient tiré de la présence des aiguilles... la clef était à l'hôpital...et Mme Bardaillan pouvait peut être le conseiller...
Il prit dans sa sacoche une demi feuille de papier sur laquelle il écrivit un message pour Nadine au cas où celle ci reviendrait entre temps. Il replia la feuille sur elle même et la glissa sous la porte d'entrée.
Ludo ramassa ensuite son sac et prit sa décision. Il ne savait pas si Mme Bardaillan pouvait lui être d'une quelconque aide, mais il allait aller la voir...Maintenant....
Il dévala les escaliers en prenant garde de ne pas s'emmêler les pieds, traversa le hall et s'élança en trottinant vers sa voiture. Vingt minutes environ le séparaient de l'hôpital. La distance serait vite parcourue...

 

                                                                             41

 

                                                     11h30... Le dôme de la chapelle était la première chose que l'on apercevait après avoir franchi le porche de l'hôpital. Celui ci était recouvert de larges plaques de neige et brillait sous les rayons de soleil. C'était une des premières belle journée depuis un mois... le ciel était clair... Seul le froid persistait. 
« Drôle de vision que cette chapelle lorsque l'on rentre... », se dit yann Kérouec en franchissant la barrière au volant du break blanc banalisé que Poulard et lui avaient emprunté à la brigade. Poulard somnolait sur le siège passager. Il avait travaillé toute la nuit à l'institut médico légale afin d'obtenir des informations sur les corps retrouvés ce dimanche là. Les résultats des autopsies n'avaient rien ramené de neuf pour leur enquête. Le deuxième corps avait fini par être identifié, lui aussi, à partir de ses empreintes dentaires. L'information ne changeait pas grand chose si ce n'est que la seconde jeune femme était domiciliée en banlieue parisienne et qu'elle avait elle aussi connu des problèmes de toxicomanie.
Si leur état actuel ne permettait plus vraiment de savoir a quoi elles pouvaient ressembler avant d'avoir croisé la route de leur bourreau, la comparaison des photos obtenues auprès de leurs familles leurs avaient donné quelques indications... Les deux jeunes femmes étaient de taille moyenne, et blondes, les cheveux longs ou mi longs... Une indication mais pas de quoi tracer un portrait robot de la victime idéale.
Tout en regardant les panneaux de signalisation de l'hôpital afin de trouver le centre de méthadone, Kérouec repensa aux indices relevés depuis le début de l'enquête... Des toxicomanes, décédés dans des conditions mystérieuses... La plupart d'entre eux se fournissait chez un dealer... Deiss... Assassiné d'une manière peu banale... Les deux corps de jeunes femmes martyrisés, toxicomanes elles aussi, et puis ce produit désinfectant dont l'analyse chimique avait confirmé l'usage hospitalier... Tout le ramenait à l'hôpital...
Poulard ouvrit les yeux doucement en se passant la main sur le visage. Sa barbe de deux jours et ses yeux fatigués renvoyaient à Kérouec sa propre image.
- « Hummmmm !....On est arrivé?.... », lança Poulard tout en baillant bruyamment.
- « Ouai ! Tu peux te réveiller... J't'invite à la cafét' !... On va aller grignoter un truc et prendre un café... Ca nous remettra les idées en place...et par la même occasion te faire émerger... Parce que là, je doute que la moindre infirmière ne se retourne sur toi, si ce n'est pour te ramener dans un lit... », conclu Kérouec en souriant.
- « Oh ! Ouai!... J'suis d'équerre... L'IMM, c'est vraiment pas mon truc... Il fait froid, y a des cadavres, et puis le Dr Laurence est pas vraiment attirant... J'sais pas comment il a fait pour trouver une femme celui là !... T'imagines la carte de visite? : Bonjour !, j'suis médecin légiste, je vis sous les néons en sous sol et je passe mon temps à découper des morts et à mettre en culture des bactéries et autres larves d'insectes !!!....... Putain!, de quoi faire froid dans le dos !! ».
Kérouec ne répondit pas... Il repensa à sa fille qui grandissait loin de lui... Un weekend sur deux !... Comment pouvait il rivaliser?... Il chassa aussitôt cette pensée et se reconcentra sur l'objet de leur visite.
Après avoir bifurqué sur la gauche et à droite au bout de la voie principale, ils découvrirent le bâtiment du centre méthadone... Une petite maison en rez de chaussée, en brique, et collée contre le service des urgences... Deux fenêtres, une plaque usée par le temps indiquait la fonction de l'unité abritée à l'intérieur. 
- « Décidément... Même à l'hôpital, les toxicos étaient les parents pauvres de la société... », se dit Kérouec. Cette unité avait sûrement été créée sur décision ministérielle, comme la plupart... Faire du social... ou en tout cas, en donner l'image... Seulement voilà, l'image que renvoyaient ces patients n'était sûrement pas la plus appréciée...
Kérouec gara le break après quelques manoeuvres sur l'esplanade située en face du bâtiment.
Poulard et lui sortirent de la voiture, et repérèrent un peu les lieux.
Kérouec releva le col de sa parka et huma l'air hivernal. Il ferma les yeux quelques instants pour savourer la chaleur que lui procuraient les quelques rayons de soleil.
- « Aller Jean Louis !... Direction la cafét' !... », lança t-il...
Après une petite demi heure passée à se remplir de café chaud et à grignoter quelques viennoiseries, tout en regardant le personnel soignant et les malades se relayer devant le comptoir de la cafétéria, Poulard et Kérouec, se levèrent et se dirigèrent vers la sortie. Ils prirent ensuite la direction du bâtiment abritant l'unité Méthadone...
Une centaine de mètres plus loin, ils se retrouvèrent face à l'entrée de l'unité. La porte était ouverte et des voix provenaient de l'intérieur. Kérouec allait pénétrer dans le hall lorsqu'un individu pour le moins agité, en sorti en maugréant, le bousculant au passage. Kérouec lui adressa un regard désapprobateur. L'individu lui renvoya un regard agressif visiblement prêt à en découdre à la moindre provocation. Il s'éloigna ensuite en se dandinant d'une jambe sur l'autre...
-  « Quel petit roquet !... », pensa Kérouec, en souriant d'un air blasé. Des comme ça, il en avait vu des légions. Mais même après toutes ces années, il avait su garder sa méfiance en éveil face à ce genre de personnage. Bon nombres de situations lui avaient donné raison. C'était peut être également grâce à cette vigilance qu'il était encore en vie aujourd'hui. Pourtant, il avait été imprudent une fois. Une seule et unique fois. Il avait faillit y laisser sa vie, et l'opération s'était soldée par la mort de son agresseur... Une jeune fille de dix sept, défoncée au crack... En interpellant celle ci, Kérouec avait baissé sa garde devant l'apparente résignation de la jeune fille. Il ne lui avait pas passé les « pinces ». celle ci avait profité d'un instant d'inattention pour sortir un couteau à cran d'arrêt de sa veste. Elle avait planté la coéquipière de Kérouec à la gorge, ratant de quelques millimètres la carotide et avait asséné un deuxième coup dans l'épaule de Kérouec. Il avait été contraint de dégainer et d'abattre la forcené. Si sa collègue et lui s'en était physiquement sortis, il ne s'était jamais pardonné cet instant de flottement. Et cela d'autant plus qu'il aurait pu éviter de tuer cette fille. Il portait depuis le poids de cette erreur d'appréciation, même si sa hiérarchie l'avait félicité pour sa capacité de réaction.
Poulard et lui pénétrèrent à l'intérieur et se retrouvèrent face à face avec une jeune femme, qui leur sourit.
Celle ci était vêtue d'une mini jupe en cuir noir et d'un chemisier, largement ouvert dévoilant son corsage. Le maquillage était outranciémais le sourire amical...
- « Bonjour messieurs! », leur lança t-elle.
- « je suis Justine Pétard, la secrétaire de monsieur Baur, le chef de service... Que puis je pour vous? ».
Poulard la dévisagea des pieds à la tête avec un sourire équivoque. Ses origines marseillaises se rappelèrent à sa mémoire. Par chez lui, Justine Pétard aurait été qualifiée du surnom peut avantageux de « cagolle »...
Kérouec embraya immédiatement.
- « Capitaine Kérouec et Lieutenant Poulard madame... ».
- « mademoiselle ! », répliqua Justine en ajustant sa coiffure.
- « Ok!... Mademoiselle... Nous sommes de la police criminelle et nous souhaiterions voir monsieur Baur, votre patron... ».
Justine marqua un temps d'étonnement en jaugeant ses interlocuteurs, et reprit ensuite le cours de la conversation.
- « Vous aviez rendez vous avec monsieur Baur? ».
- « Non mademoiselle... Nous souhaiterions néanmoins le voir s'il est disponible... Il n'y en a pas pour longtemps... ».
- « Bien...Euh... Asseyez vous, je vais voir voir si monsieur Baur peut vous recevoir... ».
- « Merci.... ».
Justine tourna ses talons aiguilles avec une aisance impeccable et se dirigea vers le couloir du fond.
Un instant plus tard, Philippe Baur venait accueillir ses visiteurs.
- « Messieurs... Je suis le Dr Baur, chef de service de réanimation et responsable de cette unité. Que puis je pour vous? », leur dit Baur tout en les dévisageant.
- « Nous venons vous voir monsieur dans le cadre d'une enquête criminelle impliquant certains de vos patients... Nous avons eu des cas de décès de toxicomanes qui étaient suivis dans votre centre et nous avons d'autres éléments sur lesquels nous souhaiterions votre éclairage... ». 
- « Je pense que vous faites allusion aux décès que nous avons eu par empoisonnement avec une cocaïne trafiquée ?... », leur rétorqua Baur.
Le visage de Kérouec marqua un air interrogateur que remarqua immédiatement Philippe Baur.
Celui ci enchaîna aussitôt.
- « Mais excusez moi...Venez dans mon bureau. Nous serons plus à l'aise pour parler de tout ça. Cependant, je n'ai pas énormément de temps à vous accorder car l'infirmier du centre n'est pas venu travailler ce matin... Du coup, nous devons nous réorganiser pour le planning de la matinée... ».
- « Ne vous inquiétez pas monsieur Baur, celà ne devrait pas être très long... ».
L'entretien dura une heure... Une heure durant laquelle, Baur évoqua les quelques cas de patients ayant eu des aggravations de leur fonction respiratoire, consécutives à la consommation de cocaïne contenant de la poudre de verre... Il relata également les autopsies pratiquées et l'avis d'alerte transmit à la préfecture. La vague d'accidents s'étant arrêtée à l'hôpital, l'affaire, pour ce qui était de l'hôpital avait été déclarée comme classée, même si une surveillance accrue des patients toxicomanes consultant aux urgences demeurait.
Kérouec pesta contre les lenteurs administratives qui l'avaient empêché d'avoir connaissances de telles informations.
De son côté, il présenta à Baur quelques éléments de l'enquête en cours afin d'avoir son ressenti et d'évaluer ses réactions.
L'entretien ne lui apporta guère d'éléments supplémentaires. Philippe Baur était de ces hommes dont la prestance et l'importance avaient le don de l'agacer. Mais il connaissait visiblement son métier, et la procédure suivi par le médecin était tout à fait adaptée.
L'entretien s'achevant, Poulard et Kérouec se levèrent en remerciant Baur et se dirigèrent vers la porte, raccompagné par leur hôte. Alors que kérouec, s'apprêtait à ouvrir la poignée, la porte s'ouvrît sur une Justine Pétard décomposée.
Son rimel avait laissé des sillons noirâtres sur son visage... des larmes continuaient de ruisseler, et sa bouche tremblait lorsqu'elle s'adressa à Baur.
- « Philippe... Je viens d'avoir des nouvelles de Paul... Mon dieu... C'est terrible.... », dit elle dans un sanglot.
- « Bon sang, Justine !!... Reprenez vous !... Que s'est il passé ?... répondez ! », lui lança Baur d'un ton énergique.
-  « Paul a été renversé par une voiture hier soir... je viens d'avoir son père au téléphone... Il est en réa à Sainte Trinité... Ca semble très grave... Son père pleurait au téléphone.... ».
- « Merde... Ecoutez Justine, le temps de raccompagner ces messieurs et j'appelle mon homologue à Sainte Trinité pour avoir un bilan... Allez boire un thé ou un verre d'eau... Vos êtes toute pâle... ».
Baur se retourna ensuite vers ses deux visiteurs.
- « Je suis navré messieurs, mais c'est l'infirmier dont je vous parlais tout à l'heure... Il a eu visiblement un accident... ».
Kérouec eu la désagréable impression de se sentir comme un chien dans un jeu de quilles. Leur présence était de trop. La nouvelle avait jeté un froid dans le service.
- « Monsieur Baur, nous sommes navrés pour votre collègue... Nous n'allons pas vous retenir plus longtemps. Nous vous recontacterons si nous avons besoin de renseignements complémentaires... ».
- « Je reste à votre disposition... », répliqua Baur...
Poulard et Kérouec sortirent du bâtiment avec une certaine sensation de malaise.
- « Pas drôle comme nouvelle !... », lança Poulard en prenant une gomme au menthol dans sa poche de veste.
- « Oui.... », fit Kérouec, songeur.
Ils se dirigèrent ensuite vers l'esplanade sur laquelle ils avaient garé le break.
Kérouec repéra la fiat cinq cent, garée quelques mètres plus loin. Celle ci lui rappelait quelque chose, mais il était incapable dans l'immédiat de savoir quoi...

 

                                                                            42

 

                                                   Ludo avait mis en tout et pour tout une vingtaine de minutes pour rallier l'hôpital où travaillait la femme de Mr Bardaillan. Il avait garé la Fiat sur l'esplanade en face des urgences et était rapidement rentré dans le bâtiment.
Dans le hall d'accueil, un clochard allongé sur un brancard attendait les soins. Son pantalon avait été découpé. Le pauvre bougre s'était enveloppé les pieds et les chaussures dans des sacs plastiques afin de les protéger des engelures. Il avait apparemment consolidé le tout en enroulant du scotche autour de l'ouverture, au dessus des chevilles. Il n'avait tout simplement pas prévu que ses jambes gonfleraient, fruit d'un alcoolisme chronique et d'une hygiène de vie misérable. Le scotche avait pénétré les chairs, disparaissant à certains endroits dans des bourrelets marqués d'inflammation... Il avait mal... visiblement...
Ludo passa a côté de lui retenant sa respiration tant l'odeur était insoutenable...
-  « Comment pouvait on se laisser glisser à ce point.... », se dit il.
Les cours de gériatrie