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  • : Cyril Poujoulat
  • cyrilpoujoulat
  • : Homme
  • : 14/09/1970
  • : Paris 75015
  • : Cadre IDE formateur depuis plus de 4 ans, j'ai souhaité au travers de ce blog, faire profité les ESI de cours, infos, exercices d'application de prescriptions médicales, et remarques, sans langue de bois!!

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Jeudi 12 juin 2008
Bonsoir à tous !!

Notre IFSI s'est engagé dans une démarche de qualité concernant l'enseignement des gestes d'urgences.
Outre la formation de tous les étudiants IDE (quelle que soit la promotion) et AS sur l'année 2007-2008, notre arsenal logistique s'est considérablement renforcé avec l'obtention d'un deuxième mannequin adulte et de multiples mannequins pédiatriques... Notre coopération avec le CESU Necker nous a également permis d'organiser avec efficacité les séquences d'enseignements....
Aujourd'hui, nous sommes sur le point d'acquérir deux défibrillateurs semi automatiques de formation ce qui devrait renforcer encore un peu plus notre autonomie.
Le fait que notre IFSI soit régulièrement citée comme une référence dans ce domaine est la meilleure des récompenses pour les formateurs qui encadrent cette formation...
par Cyril Poujoulat publié dans : INFOS GENERALES
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Jeudi 12 juin 2008
par Cyril Poujoulat publié dans : MUSIQUE
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Lundi 9 juin 2008
Bonjour à tous !!!

Les attestations d'afgsu2 vous ont été remises vendredi dernier en même temps que le bilan de vos trois années d'études... Vous avez également pu profiter de la première et dernière représentation des poujoulettes !! (photos à venir !!).
Ces attestations, comme je vous l'ai dit représentent un plus dans l'enseignement que vous avez reçu à l'IFSI et vous permettront, je l'espère, d'enrichir votre dossier de candidature pour votre futur recrutement.

Pour les étudiants de troisième année extérieur à l'IFSI, ayant validé leur AFGSU2 au cours du MO, j'ai fait partir ce matin vos attestations. Je vous en souhaite par avance bonne réception.

Bon stage à tous !
par Cyril Poujoulat publié dans : INFOS 3ème ANNEE
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Mardi 3 juin 2008

Bonjour à tous !!

Juste un petit passage pour vous informer que j'ai vos attestations d'afgsu 2 !!
Pour les ESI de Cochin, je vous les donnerai dans la semaine. Pour les ESI des autres IFSI, je vous les envoie par courrier au plus tard début de semaine prochaine.
A+

par Cyril Poujoulat publié dans : INFOS 3ème ANNEE
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Lundi 2 juin 2008
 

Celle ci était quasi totale...Elle distingua néanmoins les tables placées de part et d'autre de la pièce, le matériel informatique positionné dessus, des boites de rangement, et d'autres objets qu'elle n'arrivait pas à identifier.
Les bruits d'une activité humaine continuaient au dehors.
Nadine tenta de ramper sur le sol terreux. Ses jambes étaient ankylosées, de multiples petites plaies et écorchures se rappelèrent à sa mémoire. Elle sentit également le contact humide et froid du sol sous elle. Les larmes montèrent aussitôt. Elle se traîna sur les quelques dizaines de centimètres de course que lui laissait la chaîne reliée au mur. Ses efforts physiques la gênaient d'autant plus pour respirer et sa salive mêlée au bâillon l'étouffait presque...
Son bras gauche la fit soudain grimacer de douleur. Elle sentit la pointe métallique percer et déchirer ses chairs...le contact du sang, visqueux et chaud sur son bras vint ensuite.
Elle identifia l'obstacle. Une vieille planche cloutée.
La chaîne se tendit progressivement jusqu'à l'empêcher définitivement de progresser.
Nadine tenta d'attraper quelque chose en balayant l'espace de ses jambes. Mais ses pieds ne rencontrèrent que le vide. Elle étira son corps autant qu'elle le pouvait et recommença encore et encore. Soudain, elle sentit le contact d'un câble contre ses orteils. Après l'avoir perdu, elle tenta à nouveau de le repérer. Il était là. Elle essaya à plusieurs reprises de le saisir entre ses orteils. Son corps tout entier était douloureux. Sa mâchoire l'élançait, ses larmes lui brûlaient les yeux.
Au dehors, le bruit assourdit était toujours présent. Ses gémissements étaient si faibles qu'elle ne pouvait attirer l'attention.
C'est alors qu'elle allait renoncer, épuisée, que ses orteils réussirent à agripper le câble. Nadine tenta de se calmer quelques instants afin de bien assurer sa prise. Puis, elle tira sur le câble aussi fort que ses muscles le lui permettait. Celui ci résista dans un premier temps, puis vînt, entraînant l'imprimante à laquelle il était raccordé. Celle ci glissa de la table et s'écrasa au sol. Le fracas du plastique cassé fit cesser les bruits au dehors. Nadine retint sa respiration attentive au moindre mouvement ou son qu'elle pourrait percevoir. Un silence pesant s'installa pendant quelques instants.
- « Il y a quelqu'un ?? »...
- « Il y a quelqu'un ?????!!! » clama a nouveau la personne de l'autre côté de la porte.
Nadine était dans un état d'éveil maximal. Elle entreprit de frotter son visage contre le sol pour tenter de faire glisser le bâillon. Baur avait été prudent. Celui ci était bien serré. Elle insista irritant ses joues jusqu'au sang. Dans un ultime effort aussi violent que douloureux, elle réussit à le faire céder. Celui ci glissa de quelques centimètres libérant sa bouche. Elle cracha difficilement la boule de plastique que Baur lui avait glissé à l'intérieur afin de s'assurer de son silence. Elle eu des hauts le coeur tout en l'expulsant.
Elle voulu crier...hurler, mais son effort se résuma à un gloussement étranglé tant sa mâchoire était douloureuse et sa bouche sèche. Elle repris sa respiration et essaya à nouveau d'appeler...
- « Au...sec..ours !!!........ Au secours !!!!! », lança t elle tout en fouettant les débris de l'imprimante avec ses jambes.
- « Y a quelqu'un ??!! », lança la voix situé de l'autre côté.
- « Oui... OUI !!!... Aidez moi !!.... Je suis prisonnière !!!! ».
- « Putain !! », s'exclama l'homme qui lui parlait.
- « Attendez ! Je vais essayer d'ouvrir la porte !! ».
L'homme sembla s'absenter quelques instants puis revint contre la porte.
Un bruit métallique suivit. Des craquements. La porte de la cave de Baur bougeait mais ne cédait pas. L'homme se mit à gémir sous l'effort qu'il fournissait. C'est alors que la serrure lâcha. La porte s'ouvrit dans un terrible fracas. Celle ci bascula sur le côté violemment. La lumière des néons de la cave s'engouffra dans la pièce obligeant Nadine à fermer les yeux. Elle haletait, gémissait tout en sanglotant.
- « S'il vous plaît....Je vous en prie.... ».
- « Mon Dieu !........ ».
Patrice Béran resta interdit un moment. Ce qu'il venait de découvrir défiait l'entendement et tout ce qu'il avait pu imaginer de pire. La jeune femme était enchaînée, mains dans le dos, allongée, en sous vêtements, sur le sol. Elle était couverte de plaies d'hématomes et de terre. La pièce exhalait une odeur de sueur et d'urine qui le pris à la gorge. Il eut, imperceptiblement, un mouvement de recul. Passé la surprise de sa découverte. Il saisit une lampe de poche ainsi qu'une vieille couverture dans le son local de cave et retourna auprès de Nadine. Celle ci était prostrée dans un angle de la pièce, recroquevillée sur elle même. Elle tremblait et ne cessait de pleurer.
- « Ne vous inquiétez pas mademoiselle.... Je ne vous veux pas de mal...Je vais vous couvrir... », lui dit il doucement. La femme était jeune, approximativement de l'âge de sa propre fille.
Nadine se raidit lorsqu'il s'approcha.
Il lui posa délicatement la couverture sur les épaules et s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur.
- « C'est la cave de monsieur Baur n'est ce pas? », lui demanda t il.
A la simple prononciation du nom de son bourreau, Nadine se mit à gémir de terreur.
Patrice Béran serra ses poings.
- « Je savais que ce mec était pas net mais là !...Nom de Dieu....Comment vous appelez vous? ».
- « Nadine... »souffla t elle dans un murmure.
- « Nadine... Ecoutez moi...Je suis locataire au deuxième...Je ne peux pas vous libérer de cette chaîne... Je n'ai pas la clef...Je ne sais pas si ce malade est chez lui mais je vais revenir très vite. Je monte rapidement chez moi appeler la police et je reviens... ».
Nadine voulu crier, les yeux emplis d'une peur incontrôlable.
- « Nooonn !!...Ne me laissez pas ici toute seule...je vous en prie...je vous en supplie... » lui dit elle en s'accrochant à son pantalon.
- « N'ayez pas peur Nadine... Je fais aussi vite que possible... », lui répondit il en se redressant.
Nadine le regarda alors droit dans les yeux.
Patrice Béran avait une petite cinquantaine et gardait un physique athlétique d'ancien joueur de rugby amateur. Il remplissait complètement l'encadrement de la porte. Les cheveux courts, une mâchoire carrée. Sa physionomie était rassurante.
- « Faites vite je vous en conjure.... », l'implora t elle.
Il lui sourit.... une dernière fois.

                                           La lame pénétra aisément la peau et les chairs du cou. Le geste une fois encore était précis, rapide. L'éclat de lumière sur la lame fut tout aussi fugace que la vitesse du coup porté avait été rapide. Le sang commençait tout juste à s'écouler en un flot important que la lame s'enfonçait à nouveau, cette fois ci au creux des reins de Patrice Béran. Celui ci garda un sourire crispé, mêlé d'incompréhension. La surprise et la violence de l'attaque avaient été telles qu'il ne ressentit pas la moindre douleur. Le sang se répandait rapidement par vagues successives sur sa poitrine, et sur le sol de la pièce. Ses jambes le trahirent. Son corps fut parcouru de spasmes. La lampe torche qu'il tenait à la main lui échappa. Il s'affaissa sur ses genoux tel un arbre coupé à la base. Il regarda Nadine une dernière fois. Sa vision se troublait rapidement. Il tenta de parler mais aucun son ne s'échappa...
Nadine voulu hurler mais son cri s'étouffa dans sa gorge. Elle le vit à nouveau, debout derrière l'homme en qui elle avait misé ses derniers espoirs. Il souriait. D'un sourire froid, inhumain, glacial.
Baur décocha un violent coup de pied dans le dos de patrice Béran qui s'effondra sur le sol de la cave. Celui ci ne réagit pas, déjà mort avant de tomber.
Précipitamment, Baur le saisit par le col et le tira à l'intérieur de la pièce tout en repoussant rapidement la porte derrière lui. Il cala la porte en tirant une des tables et se précipita sur Nadine. Il lui saisit la gorge de sa large main et la serra tout en la regardant droit dans les yeux. Nadine, épuisée, terrifiée, était au bord de l'asphyxie.
-  « Tu me déçois beaucoup Nadine... je ne vais pas te tuer...Pas maintenant... Il va falloir que nous partions et rapidement... Mais rassures toi...J'ai un endroit où nous pourrons jouer tranquillement... ». Baur la regardait avec le même sourire que celui qu'il avait eu après avoir égorgé son voisin. Il s'approcha d'elle, la renifla... lui lécha la joue en prenant un air volontairement libidineux.
- « Après....Après seulement tu pourras mourir.... », lui dit il avant de resserrer son étreinte jusqu'à ce qu'elle perde connaissance.
Patrice Béran, lui, finissait de se vider de son sang sur la terre battue. Baur se redressa et le regarda.
-  « T'es vraiment pitoyable connard....Voilà ce que ça amène de vouloir jouer les héros... ». Sur ce, il lui décocha un coup de pied dans le visage, lui faisant basculer la tête dans une position impossible et dispersant une multitude de gouttelettes de sang sur le sol et sur Nadine allongée un mètre plus loin.
Baur ferma les yeux quelques instants. Ses pensées étaient ailleurs...


52


                                                        La voiture roulait à vive allure dans les rues de Paris. Julie Bardaillan connaissait le trajet par coeur, les endroits où elle pouvait accélérer, ceux où il lui fallait être prudente. Elle avait appelé Thomas. Passé l'instant d'énervement de celui ci lorsqu'elle lui avait expliqué ce qu'elle avait fait dans le bureau de Baur, il avait également très rapidement tiré les mêmes conclusions que Julie. Thomas était partisan d'appeler la police, mais Julie l'en avait dissuadé. De plus, la visite avec effraction de celle ci dans les locaux du centre méthadone, pouvait leur attirer des ennuis importants. Et puis surtout, ils n'avaient aucune preuve évidente de la culpabilité de Baur dans l'accident de Paul et dans tous les évènements qui avaient précédé et suivi. Thomas avait appelé ses parents. Ceux ci n'habitaient pas loin et étaient venus récupérer les enfants avec pour consigne de les garder jusqu'au lendemain matin. Clara et Arthur ne s'étaient pas fait prier et la précipitation des évènements les amusait. Thomas était resté très évasif au téléphone avec ses parents. Ceux ci avaient respecté la part de mystère de la soirée après que Thomas les ait rassuré.
Thomas accompagna les enfants, et revint quelques minutes plus tard au pied de l'immeuble. Au même moment, la voiture, conduite par Julie apparut en bas de la rue.
Il était approximativement 21h... Le froid était revenu... La neige également, en une légère averse.
- « Bon sang!!... Quel temps ! », pensa Thomas tout en regardant Julie ralentir et s'installer en double file. Celle ci ouvrit la portière côté passager et lui lança :
- « Tes parents ont récupéré les enfants?? ».
- « Ben oui !, sinon je serai pas là à t'attendre », répondit il contrarié par les risques que Julie avait prise.
- « Ohhh! Thomas, tu m'engueuleras plus tard !!, monte, on va aller chez Baur!... Je me souviens de son adresse et du trajet. Je voudrai voir si quelque chose cloche par chez lui».
- « Comment sais tu où il habite? ».
- « Rappelles toi il y a deux ans, il avait organisé un repas dans un resto de son quartier avec le personnel des urgences et de la réa pour fêter sa nomination officielle de chef de service. Je me souviens de l'endroit où il nous avait dit qu'il habitait. »
- « En tout cas, tu as une meilleure mémoire que moi mon coeur... », répondit Thomas en grelottant.
- « Aller !! Montes !! Tu vas geler sur place sinon !! ».
Thomas s'installa côté passager et regarda Julie reprendre la route. Celle ci avait cette expression de détermination qu'il lui connaissait si bien. Cela lui plaisait et en même temps cela l'inquiétait car dans ces instants là, Julie négligeait le danger.
Une demi heure plus tard, Ils s'arrêtaient au pied de l'immeuble où résidait Philippe Baur...


53


                                                           L'entretien entre Ludo, Kérouec et Poulard dura plus de deux heures. Ludo retraça les cas de décès suspects aux urgences dont Nadine lui avait parlé. Il relata également l'affaire des aiguilles souillées retrouvées au domicile de celle ci, l'accident de Paul Marchand au sujet duquel Nadine avait manifesté ses doutes, les rapports systématiques à l'hôpital, ses échanges avec Julie Bardaillan, l'infirmière qui avait gérer la prise en charge de Pierre Vasseur avec Nadine...
Kérouec jaugea Ludovic Bressan tout au long de l'interrogatoire informel. Il en avait dégagé la certitude que Bressan n'était pas impliqué en tant que suspect mais plutôt en tant que victime. L'analyse rapide de ses dire le renvoyait à ses propres conclusions... La solution de toute cette affaire était entre les murs de cet hôpital où étaient morts de nombreux patients dans des circonstances suspectes. Un nom revenait régulièrement dans son analyse : Philippe Baur, le chef de service. Celui ci s'était occupé de certains des patients décédés, il était patron de la réa et avait ses entrées aux urgences. Toutes les victimes avaient été suivies dans le centre de méthadone qu'il dirigeait. Il était la pierre angulaire de toute cette affaire.
Il lui avait laissé un message en fin d'après midi, suite à leur entretien. Il souhaitait lui poser de nouvelles questions. Baur ne s'était pas manifesté depuis.
Kérouec et Poulard prirent congés de Ludovic Bressan en lui demandant de rester, comme on dit, à la disposition de la justice. Ludo, lui était épuisé moralement et physiquement par l'enchaînement de tous ces évènements. Il était vidé, tout simplement.
Kérouec, tout en descendant l'escalier, suivi de Poulard, réfléchissait à la conduite à adopter.
Il avait les coordonnées du domicile de Baur, et désormais celles de Nadine et de cette Julie Bardaillan qui semblait elle aussi s'intéresser à cette affaire et trouver troublants certains éléments.
Kérouec ferma les yeux quelques instants en s'asseyant au volant du break blanc.
Poulard frigorifié se frottait les mains en soufflant sur ses doigts rougis par le froid. Il remarqua « l'absence » de son collègue.
- « Qu'est ce qu'il y a Yann?... Ca va pas?? », lui lança t il tout en soufflant bruyamment.
-  « je réfléchis jean Louis... J'ai un mauvais feeling pour cette fille qui a disparue... On n'a rien de transcendant, mais ce Baur est pas net... Avant de rentrer au « 36 », on va faire un crochet par son domicile... J'ai un pré sentiment... je me trompe peut être mais je pense qu'on devrait aller y faire un tour... ».
- « tu déconnes !?...Il est...21h45 !! », lui dit Jean Louis Poulard, tout en regardant sa montre.
- « Je sais Jean Louis...La journée a été longue mais fais moi confiance... je me suis rarement gouré... Non? ».
- « Mouaii!... C'est pas faux... », lui répondit Poulard en maugréant.
- « On est à moins d'une demi heure Jean Louis... juste un crochet pour voir l'atmosphère des lieux... ».
- « L'atmosphère !!... T'es vraiment tordu Yann... Et moi je suis tout aussi tordu de te suivre... Enfin !........ ».
Poulard et Kérouec se connaissaient depuis longtemps. « Différents et complémentaires » leur avait un jour dit De Partel, leur supérieur, en louant leur réussite dans une sordide affaire de meurtre avec démembrement. Poulard savait que son collègue avait un flair rare, ce qui était un atout majeur pour un flic. Les faits avaient vérifié de nombreuses fois les intuitions de Kérouec.
Poulard décida donc, une fois de plus de suivre son collègue et ami, sans se poser trop de questions...
Il décrocha le micro de la radio embarquée et contacta le central afin d'indiquer leur situation géographique et leur destination.
Les échanges radio des patrouilles se répandait dans l'habitacle. Soudain, un régulateur les contacta.
- « Kérouec ! Poulard !....Pourquoi allez vous à cette adresse?? on a déjà une équipe de la bac en route... »
Yann Kérouec s'empara du micro tout en se garant sommairement.
- « Comment ça une équipe de la bac???... Il s'est passé quelques chose?? », lança t il sur un ton glacial.
- « Une femme résidant à cette adresse a appelé le commissariat du quatorze... Son mari est parti a la cave et n'est pas revenu...Elle est descendue et a trouvé plein de sang sur le sol de la cave...Elle n'est pas allée plus loin car son mari ne répondait pas...et du coup elle a appelé complètement paniquée...On en sait pas plus pour l'instant...Une ambulance des pompiers est également en route au cas ou... ».
- « Putain !! », cria Kérouec en frappant le volant.
- « Allo central?... Nous sommes en route pour cette adresse... Nous avons un suspect dans une affaire en cours qui y réside... ».
Sur cette dernière phrase, Kérouec raccrocha violemment le combiné, le faisant tomber au passage.
Il enclencha la première et démarra en trombe. Poulard ne put que s'accrocher à la portière tout en ramassant le micro de la radio...


54


                                                 22h40... Autoroute A 13... Direction la Normandie...
                                                 Cela faisait déjà plus d'une heure que Julie et Thomas avaient pris en chasse le 4x4 sombre à l'avant enfoncé qui était sorti en faisant crisser ses pneus, hors du parking de l'immeuble où résidait Philippe Baur. Le véhicule était apparu alors que Julie venait de couper le contact au pied de l'immeuble. Elle l'avait immédiatement reconnu. Elle avait également clairement identifié son conducteur... C'était Philippe Baur. Le réverbère situé à côté de la sortie du parking avait illuminé son visage d'une lueur blanchâtre au moment où le véhicule était apparu...
Thomas et Julie avaient hésité quelques instants sur la conduite à tenir, et après un bref échange du regard s'étaient décidés à se lancer à l'aventure sans vraiment savoir ce qu'il pouvait se passer. Thomas avait appelé ses parents pour les avertir qu'ils ne seraient peut être pas de retour avant le surlendemain. Clara et Arthur avaient accueilli la nouvelle avec une joie non dissimulée sachant par avance que leur séjour serait l'occasion de toutes les fêtes et de tout les débordements.
Devant eux, à une cinquantaine de mètres, le 4x4 de Philippe Baur dévorait la route. Celui ci , concentré sur sa trajectoire et soucieux des évènements à suivre n'avait pas remarqué le monospace gris anthracite qui le suivait à bonne distance depuis qu'il avait quitté son domicile. A l'arrière du 4x4, sous une couverture qui l'étouffait à moitié, Nadine tentait progressivement de remettre de l'ordre dans ses pensées. Une fois de plus, Baur l'avait drogué. Une fois de plus elle avait l'impression d'être à distance de son corps, que son esprit flottait au dessus. Et puis, des céphalées, des nausées... le visage de Patrice Béran lui revint en mémoire. Cet homme en qui elle avait vu son sauveur avait été sauvagement assassiné par Baur. Un mort de plus... Une horreur supplémentaire à rajouter à toute cette histoire...
Au bout de quelques instants, elle identifia son nouveau lieu de séquestration. L'odeur de plastique, le roulis, le bruit du vent sur la carrosserie, le ronflement du moteur... Elle comprit qu'elle se trouvait à bord d'une voiture. L'inconnue était de savoir la destination finale du véhicule...
La neige, au dehors, continuait de tomber doucement, déposant son lot de petits paquets cotonneux sur le pare brise que les essuies glaces balayaient sans ménagement....


55


                                                     A leur arrivée au lieu de résidence de Philippe Baur, Yann Kérouec et Jean Louis Poulard remarquèrent immédiatement la Clio banalisée de la bac, ainsi qu'une voiture de patrouille, et enfin, le VSAB de la brigade des sapeurs pompiers. Quelques policiers en tenue montaient la garde devant l'entrée de l'immeuble, et avait sécurisé les accès au parking et aux alentours. Kérouec se revit sur les falaises près de Mantes. Une fois de plus, il eut la sensation d'arriver avec un léger retard. Le tueur, quel qu'il soit conservait une longueur d'avance.
Kérouec gara le break le long du trottoir. Un instant plus tard, emmitouflés dans leurs manteaux, celui ci et son collègue pénétraient dans l'immeuble et tombèrent nez à nez avec le sous officier responsable du site.

A SUIVRE ...

par Cyril Poujoulat publié dans : Roman
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Vendredi 30 mai 2008

Bonjour à tous !

Je viens de terminer vos attestations d'AFGSU 2. Il ne me reste plus qu'à transmettre les attestations au CESU Necker pour signature, ainsi que le procès verbal, et dès retour je vous les donne ou vous les envoie sur vos IFSI pour les ESI de l'extérieur.
J'espère que l'obtention de cette formation sera un plus pour votre recrutement, en particulier pour les postulants aux services de réa et d'urgences....
Au passage un petit bonjour à tous les ESI qui ont participé au MO. Je ne les nommerai pas de peur d'en oublier...
A+

par Cyril Poujoulat publié dans : INFOS 3ème ANNEE
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Samedi 24 mai 2008
Bonjour !!

Pour les amateurs de thrillers, qu'ils connaissent Maxime Chattam ou non, un de ses romans vient de paraître en format poche chez Pocket : "Les arcanes du chaos". Je l'ai trouvé et acheté ce matin. Je ne l'ai pas encore commencé mais s'il est du même niveau que ses romans précédents....achetez le !!!!!
A+ 
par Cyril Poujoulat publié dans : Roman
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Samedi 24 mai 2008
Bonjour à tous !!

Le blog à connu une petite baisse de régime ces derniers temps car j'avais pas mal d'occupations en dehors.
Cependant, la barre des 9000 visiteurs a été franchie et je vous remercie pour votre fidélité !!
Le récit d'OD devrait reprendre d'ici la fin de semaine prochaine, de même qu'un nouveau jeu concours.
A+
par Cyril Poujoulat publié dans : Humeurs
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Samedi 24 mai 2008
Bonjour à tous !!

Et voilà !
Nous venons de boucler notre 7ème MO sur les urgences...
Une fois de plus, nous avons pris un réel plaisir à l'animer et à vous faire partager notre passion : l'urgence.
Je n'ai jamais été très doué pour les discours, mais je voulais encore tous vous remercier pour les petits présents qui nous ont beaucoup touché...
Je vous souhaite bien évidemment de faire une fête de tous les diables à la fin de l'année, et surtout de vous épanouir dans votre futur métier.
Tous vos petits mots sont autant d'encouragements pour nous investir encore plus auprès de vous...
Pour ma part c'est la plus grande des récompenses et des motivations...
Merci.
par Cyril Poujoulat publié dans : Humeurs
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Samedi 17 mai 2008
Bonsoir à tous !!

Je voudrai juste répondre à un message personnel qui m'a été transmis par une étudiante de troisième année...
A savoir que signifie le terme SAP ?
Et bien SAP veut dire Seringue Auto Pousseuse !!
Voilà!
par Cyril Poujoulat publié dans : INFOS GENERALES
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Lundi 5 mai 2008
Bonjour à tous !!!
100 % !!!!
Ca y est c'est officiel !
Félicitations aux 4 pour qui la fête de novembre avait été bien triste...
Bienvenue dans vos nouvelles fonctions !
Bonne route !
A+ 
par Cyril Poujoulat publié dans : Humeurs
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Dimanche 4 mai 2008
par Cyril Poujoulat publié dans : MUSIQUE
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Dimanche 4 mai 2008
Bonsoir à tous !!

Les résultats du DE pour ceux qui avaient été contraints de repasser approchent...
J'espère que cette fois ci nous auront les 100% !
Bon courage à tous!
par Cyril Poujoulat publié dans : Humeurs
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Dimanche 4 mai 2008
 

Bonsoir à tous !!

 

Bon ben nous y voilà !!
Le jeu concours n°9 n'a pas trouvé de vainqueur, que ce soit en individuel ou par équipe !!
Certains d'entre vous se sont approchés de la solution...Mais certains formateurs sont restés anonymes !!
Voici donc la solution :

Photo 1 : ASS
Photo 2 : JMM
Photo 3 : CP
Photo 4 : MPB
Photo 5 : CL
Photo 6 : SV
Photo 7 : SDj
Photo 8 : SD
Photo 9 : CG
Photo 10 : ED
Photo 11 : CB
Photo 12 : DM

Certains étaient faciles, d'autres moins !!
Le prochain jeux concours sera diffusé dans la semaine qui vient...Avec comme toujours à la clef un petit cadeau, alors,.... bonne chasse !
A+

par Cyril Poujoulat publié dans : CONCOURS
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Dimanche 4 mai 2008
 

Lorsqu'elle quitta le service, Julie ne put s'empêcher de jeter un regard sur l'esplanade où Baur garait son 4x4. Celui ci avait disparu. Le froid avait cédé un peu de terrain... L'obscurité avait prit le relais. Elle s'emmitoufla dans une grande écharpe bleu nuit et se dirigea vers sa voiture.
Elle allait ouvrir la portière lorsqu'une idée complètement absurde au premier abord, germa dans son esprit. Le centre méthadone dépendait des urgences et de la réa... Il y avait un double des clefs à l'accueil des urgences... Julie repensa à l'attitude de Baur, à sa voiture abîmée...
- « Tu es complètement folle !! », se dit elle.
Elle fit machinalement tourner les clefs de la voiture dans sa main. Elle regarda sa montre. Elle était pour une fois relativement en avance. Il ne lui faudrait pas longtemps... juste quelques minutes...
- « Bon sang !, si Thomas apprend ce que je m'apprête à faire, il va m'incendier!! », se dit elle tout en souriant.
La curiosité et l'excitation avaient pris le dessus. Une dizaine de minutes plus tard, Julie introduisait la clef récupérée aux urgences dans la serrure de la porte donnant accès au centre méthadone. Personne ne l'avait remarqué aux urgences. Elles avait simplement prétexté un oubli dans son vestiaire. La pénombre la cachait des regards indiscrets. Lorsque la porte s'ouvrit, Julie eut un bref instant d'hésitation.
- « Aller ma grande !... tu t'es mise dans la merde!, maintenant faut assumer.... », murmura t elle doucement.
Un instant plus tard, elle refermait la porte derrière elle et allumait l'interrupteur de la salle d'attente.
Elle était déjà rentré dans le centre méthadone plusieurs fois, mais jamais dans ces circonstances. Elle repéra les bureau du psychologue, de Justine Pétard et de Paul Marchand. Le simple fait de penser à Paul lui noua l'estomac. Elle l'aimait bien, elle appréciait le collègue... L'imaginer entre la vie et la mort sur un lit de réa la révoltait.
- « Pourquoi Baur?... Pourquoi aurait il fait ça ?... Tout ça est aberrant ! », pensa t elle presque à haute voix.
Elle se dirigea vers le bureau de celui ci. Elle s'immobilisa quelques instants devant la porte du bureau, regarda la plaque apposée dessus. Elle fit tourner ensuite le trousseau de clefs et dégagea celle censée ouvrir le bureau de Baur. Elle n'alluma pas l'interrupteur afin que la lumière ne trahisse pas sa présence. La pénombre était importante et Julie ne laissa qu'un fin filet de lumière provenant de la salle d'attente afin de faciliter ses investigations.
Après quelques instants d'accommodation visuelle, elle découvrit le bureau de Baur
La pièce était de taille moyenne, avec au fond une baie vitrée par laquelle Baur l'avait observé cet après midi là.
La décoration y était relativement sommaire. Quelques papiers correspondant à des notes de service affichés aux murs sur un tableau de liège, quelques cartes postales, souvenirs de vacances, de ses collègues du centre méthadone. Sur le bureau, des piles de dossiers de patients, des stylos jetés négligemment des post it collés un peu partout..., deux tasses vides au fond desquelles avait séché une pellicule de café...
Julie était surprise, la négligence du bureau de Baur contrastait avec sa rigueur et son organisation lorsqu'il passait aux urgences ou lorsqu'il oeuvrait en réa...
Elle inspecta les feuilles placardées, les piles de dossiers en faisant attention à les remettre comme ils étaient, tenta d'ouvrir les tiroirs. Dans les deux de gauche, elle ne trouva que du matériel de papeterie... gommes, crayons,agrafeuse, trombones, etc.... Rien d'interressant ou susceptible de relier le propriétaire des locaux à l'accident de Paul Marchand et et à Nadine. Sur le côté droit du bureau, le tiroir du bas contenait des rangements pour classer des dossiers. Celui du haut était fermé à clef... Julie n'insista pas dans un premier temps et le laissa le temps d'explorer le reste de la pièce.
Au bout d'une quinzaine de minutes, Julie du se rendre à l'évidence. Elle n'avait rien trouvé. Elle revint vers le bureau et regarda à nouveau le tiroir fermé à clef. Comment l'ouvrir sans que cela ne se voit ?... Où Baur pouvait il ranger la clef en admettant qu'il la laisse dans son bureau ?
Elle décida de vider les trois pots à crayons afin de rechercher l'éventuel Sésame... De la poussière mêlée à des pelures de crayons se répandirent sur le bureau lorsqu'elle retourna les pots. Julie pesta en essayant de nettoyer ses bêtises. Un sourire illumina son visage. Deux petites clefs, unies par un petit anneau métallique, d'un format correspondant à la serrure, venaient de tomber sur le bureau. Julie s'en saisit et les inspecta. Elles semblaient identiques. Elle tenta l'une après l'autre de les faire tourner dans la serrure, mais sans résultat. La serrure n'était pas d'une grande solidité mais les clefs ne correspondaient pas. Le sourire de Julie disparu...
- « Merde ! C'était trop beau ! Trop facile ! », dit elle à voix basse.
Elle inspecta à nouveau la serrure... La forcer ne devait pas être bien difficile. Le seul impératif était de ne pas la casser.
Julie chercha quelques instants sur le bureau et prit un coupe papier susceptible de l'aide dans son entreprise.
Elle se mis accroupie face au tiroir. Pencha la tête sur le côté pour bien distinguer le crochet servant de verrou. Elle glissa la lame dans l'interstice et tenta de faire levier doucement.
Le crochet se souleva légèrement mais buta en final. Julie tendit l'oreille, à l'affût...Pas un bruit. Le silence était total. Elle accentua la pression de la lame. Le crochet était sur le point de libérer le tiroir. La lame pliait légèrement. Elle la poussa encore un peu plus, au risque de la casser... c'est alors que le verrou céda. Julie souffla. Elle avait chaud. Son coeur battait fort. Ses mains tremblaient légèrement.
Une fraction de secondes plus tard, sa poitrine et sa tête lui semblèrent exploser....
- « Y a quelqu'un?? », lança une voix d'homme, en provenance de la salle d'attente. La voix, forte, avait déchiré le silence.
Julie se figea un instant tétanisée. Puis elle se déplaça rapidement et sans bruit, accroupie, pour se cacher sous le bureau de Baur en attirant contre elle le fauteuil afin de renforcer son camouflage.
Le flux sanguin battait sur ses tempes. Elle essaya de contrôler sa respiration autant que possible.
- « Y a quelqu'un ?????!!! », répéta à nouveau la voix.
- « Yves ! Attends deux secondes je regarde s'il n'y a personne ».
Les pas se rapprochèrent. L'homme essaya d'ouvrir plusieurs portes, ne découvrant que l'obscurité. Puis il s'éloigna en direction de la salle de soins. Quelques instants plus tard, il se rapprocha du bureau de Baur.
- « Bon !!!Jean François !! tu viens???.... Ca caille dehors ! », lança l'autre.
- « Ouai ! Ouai !... J'arrive! Deux secondes! ».
Il s'approcha de l'entrée du bureau de Baur et poussa la porte doucement.
C'est à ce moment que Julie vit le coupe papier, posé au sol, à l'écart, à la vue du visiteur.
Elle se mordit les lèvres. Sa tête lui semblait sur le point d'exploser.
L'homme marqua le pas dans l'entrée, tentant d'accommoder sa vision à la pénombre. Il commença à s'avancer dans la pièce.
- « Bon !!! aller !! on va pas coucher là!!... Ces cons ont du oublier de fermer leur porte, c'est tout», lui cria l'autre.
- « Et la lumière aussi ??!!!... ».
- « Ben j'en sais rien moi !....tu vois quelque chose?? ».
- « Non.... ».
- « Bon ! Ben alors, on se tire !! ».
L'homme s'arrêta devant le bureau de Baur. Il n'était qu'à quelques dizaines de centimètres de Julie, paralysée par le stress. La pénombre était encore importante, et le visiteur n'avait pas prit la peine d'allumer les néons.
Après un dernier coup d'oeil autour de lui, il fit demi tour... Regagna la salle d'attente après avoir refermé la porte de Baur derrière lui, éteignit la lumière dans la salle d'attente et quitta le bâtiment...
Julie tremblait toujours... Elle resta bien encore cinq minutes, les sens aux aguets, l'oreille tendue en direction de l'entrée. Elle poussa ensuite aussi doucement que possible le fauteuil vers l'avant et entreprit de sortir de sa cachette. Ses jambes la portaient à peine. Après avoir vérifié que ses visiteurs étaient bel et bien partis, elle se dirigea à nouveau vers le tiroir qu'elle avait forcé quelques instants plus tôt. Elle n'osa pas rallumer la lumière. Ses yeux scrutaient l'intérieur du tiroir à la recherche d'indices. Des papiers encore, quelques articles de papeterie, et... soudain, elle sentit quelques chose de dur sous ses doigts. La forme rectangulaire et froide se révéla être un cadre de petit format. Celui ci était entouré d'un élastique avec une enveloppe pliée en deux...
Julie s'en saisit et décida de se diriger vers les toilettes du centre méthadone. Là, la lumière ne pourrait pas attirer l'attention de curieux.
Elle se rendit aux toilettes, et referma la porte derrière elle.
La lumière inonda la petite pièce la faisant grimacer.
Julie ôta l'élastique.
Il y avait une photo dans le cadre... Une jeune femme...
- « Mon dieu...! Mais c'est Nadine !! » lâcha-t-elle avec une voix plus haute qu'elle ne l'aurait souhaité.
Après avoir inspecté la photographie plus attentivement, elle se rendit compte de son erreur. La jeune femme représentée dessus n'était pas Nadine, mais elle était toute aussi jolie, avait les traits fins également, et la même chevelure blonde. La ressemblance était frappante...troublante....
Elle cala le cadre sous son bras et ouvrît ensuite l'enveloppe. Celle ci n'était pas collée. Ce qu'elle découvrit à l'intérieur la fit frémir.... Les noms de Paul et de Nadine y était inscrits, ainsi que leurs adresses et numéro de téléphone...quelques chiffres également, et des annotations qu'elle ne su déchiffrer.
Julie replia le tout. Remit l'élastique tout autour, et regagna discrètement le bureau de Baur. Elle rangea l'ensemble dans le tiroir, et s'assit quelques instants sur le fauteuil du médecin. Cette fois ci il n'y avait plus de doutes... Baur était bien lié à toute cette histoire, et il était également sûrement responsable de l'accident de Paul et de la disparition de Nadine...
- « C'est une histoire de dingue !!... », murmura t elle doucement.
Elle ne comprenait pas la finalité de tout ça...Il lui manquait des éléments, notamment l'identité de la jeune femme sur la photographie. Elle ressemblait énormément à Nadine...Cette ressemblance ne pouvait être fortuite...
Julie regarda sa montre...
- « Merde !!! ».
Cela faisait une heure qu'elle était entrée dans le bâtiment. Au même instant, son téléphone portable se mit à vibrer. Elle le sortit de sa poche et consulta l'historique. C'était Thomas. Celui ci devait commencer à s'inquiéter. Elle referma tant bien que mal le tiroir de Baur en s'aidant à nouveau du coupe papier qui avait failli la trahir.
La lame plia à nouveau, le verrou se remit en position. Elle rangea ensuite les quelques éléments qu'elle avait déplacé en essayant de les remettre dans leur position originelle.
Julie regarda par la baie vitrée. La nuit avait enveloppé tout l'hôpital. Personne ne traînait dans les coursives. Elle regagna l'entrée, scruta au dehors, à l'affût du moindre mouvement.
Le vent glacial s'engouffra à l'intérieur et l'enveloppa. Elle frissonna. Elle referma la porte du centre méthadone et rangea la clé dans sa poche. Elle la remettrait en place le lendemain. Personne ne devrait s'apercevoir de la disparition du double dans l'intervalle. Julie posa son regard sur les urgences de l'autre côté de l'allée. La lumière blafarde de l'accueil étendait un léger halo de luminosité tout autour de l'entrée piéton. Elle frissonna à nouveau, resserra son col avec son écharpe et se dépêcha de regagner sa voiture tout en sortant son téléphone...

49

                                                               La cigarette écrasée vint rejoindre la dizaine d'autres au fond du gobelet en plastique, pour se noyer dans un reste de café. Il était 19h... cela faisait déjà plusieurs heures que la voiture blanche était stationnée devant le domicile de Ludovic Bressan. Kérouec et Poulard s'étaient rendu au domicile de Ludo. Mais en l'absence de celui ci, ils avaient pris la décision de l'attendre, et de surveiller les allers et venus...
- «Yann ! Tu veux pas jeter ce putain de gobelet ?... Ca pue dans la bagnole !...J'ai limite la gerbe ! », lança Poulard, tout en regardant le journal qu'il avait emmené.
Kérouec posa son regard sur le gobelet.
- «Hum !?...Ah oui! S'cuses moi...je vais aller le jeter ».
- « Tu devrais diminuer la clope Yann... Je sais je suis pas ta mère...Mais bon!...le « crabe » va finir par te bouffer... ».
Kérouec sourit légèrement.
- «Mourir de ça ou d'autre chose !...faut bien mourir de toute façon !! », répondit il sur un ton ironique.
- «Ouai ! Enfin il y a plus gai quand même !... Moi je me verrai bien casser ma pipe au lit avec une superbe nana!... D'ailleurs, la secrétaire de la méthadone m'a donné pleins d'idées ! ... Je crois que je vais y retourner... ».
- « Jean Louis ! T'es vraiment qu'une bite sur pattes !... Mais dans le fond t'as pas tort ».
Kérouec saisit les gobelets empilés remplis de restes de café et de cigarettes, ainsi que les emballages des sandwichs qu'ils avaient avalés quelques minutes auparavant. Il sorti du véhicule en dépliant douloureusement son dos.
Il se dirigea ensuite de l'autre côté de la rue en direction de la poubelle.
Jean Louis était un « obsédé du cul », mais c'était également son ami. Il enviait quelque part son détachement et sa légèreté. Les visages de sa femme et de sa fille apparurent devant ses yeux. Ses lèvres se pincèrent. Quelle était sa vie aujourd'hui?...Il était seul, avait eu quelques relations sans lendemain...Il n'avait d'ailleurs pas cherché à les prolonger. Il s'était noyé dans son boulot....
C'est en regagnant la voiture, qu'il le vit... Ludovic Bressan était là !... A une trentaine de mètres de lui. La nostalgie et la lassitude quittèrent immédiatement Kérouec. Celui ci, les sens en alerte avait retrouvé en une fraction de seconde l'instinct du chasseur.
Ludo marchait d'un pas lent sur le trottoir tout en cherchant ses clefs au fond de la poche d e sa parka. Il avait attendu Nadine toute l'après midi, espérant que celle ci allait refaire surface...Mais en vain...
Kérouec ne quittait pas le jeune homme des yeux et se dirigeait rapidement vers la voiture. Poulard, assis côté passager, perçu son regard en levant le nez au dessus de son journal. Il jeta celui ci immédiatement à ses pieds tout en tournant les yeux dans la direction que lui indiquait Kérouec.
Il sortit du véhicule lui aussi.
Ludo venait de composer le code d'entrée de son immeuble. Il pénétra à l'intérieur. La porte ne se referma pas. Ludo se retourna inconsciemment lorsqu'une main ferme lui saisit le bras.
- « Monsieur Bressan ?... Monsieur Ludovic Bressan?... », lui demanda Kérouec le ton ferme.
- « Hey !!...Qui êtes vous ???.... Lachez moi !!... », rétorqua Ludo tout en essayant de retirer son bras de la prise de Kérouec.
- « Pas de panique Monsieur Bressan...Nous sommes de la police ! ».
Dans la foulée, Poulard présentait sa carte barrée du drapeau tricolore.
Ludo l'examina puis se calma.
- « Nous avons quelques questions à vous poser... Au sujet de votre présence sur certains lieux autour desquels nous enquêtons... Pouvons nous aller chez vous? Ou préférez vous nous suivre au commissariat? ».
Ludo marqua le coup. Son visage, déjà marqué par une nuit sans sommeil, s'était creusé encore un peu plus en quelques instants. Il était fatigué. Fatigué de toute cette histoire dans laquelle lui et sa meilleure amie avaient été entraînés bien malgré eux.
- « Allons chez moi.... », répondit doucement Ludo. Sa soeur était absente ce soir là. Elle passait la nuit chez une amie. L'appartement était libre.
- « Ok !... Nous vous suivons... ».

50

                                                 Le coeur de Paul Marchand cessa de battre à 18h46...
                                                 Le médecin, au bout de quarante minutes passées avec deux infirmières à tenter de le réanimer, sans succès, du se résoudre à arrêter la procédure. Jean Pierre Klerman était médecin réanimateur depuis plus de quinze années. Mais il ne s'était jamais habitué à ce qu'il allait devoir faire... Affronter la famille d'un patient qu'il n'avait pu ramener dans le monde des vivants... L'agitation des dernières minutes fit place à un silence et à une inactivité pesante. Les deux infirmières étaient éprouvées elles aussi...
Klerman sortit dans le couloir, et se dirigea vers les parents de Paul. Monsieur Marchand était blême, épuisé par les dernières heures passées au chevet de son fils. Il avait encore la force de soutenir son épouse dont le regard cherchait la moindre lueur d'espoir ou de réussite dans celui du médecin s'approchant d'eux. L'instant d'après elle tombait à genoux, le visage entre ses mains retenue tant bien que mal par son mari...
Klerman avait annoncé le décès de Paul avec la voix la plus calme possible, mesurant chacun de ses mots, tentant de rendre l'inconcevable apaisant. Il savait cette annonce importante pour les familles mais ne se leurrait pas non plus sur les limites de son action. Il sortit ensuite quelques instants pour griller une cigarette devant l'entrée de la réa... Une de trop pensa t il... Comme trop souvent...

51

                                                  Nadine rouvrit à nouveau les yeux...
                                                  D'épuisement et sous l'effet des drogues que lui avait injecté Baur, elle avait à nouveau sombré dans une sorte d'univers parallèle et dans un sommeil agité. La pénombre était toujours présente... Envahissante, enveloppante...Il lui fallut quelques instants pour retrouver une conscience à peu près normale. L'effet des médicaments s'était estompé doucement, ne lui laissant que des céphalées et une sensation d'avoir la bouche cartonneuse. Elle avala difficilement sa salive. Elle se figea soudainement. Un rai de lumière encadrait la porte de sa geôle.
Baur !!
Etait ce lui?
Nadine se mit à trembler de tout son corps tout en se recroquevillant sur elle même.La porte resta close. Un bruit sourd, atténué par l'isolation de la pièce parvint à ses oreilles. Il y avait quelqu'un. Elle se trouvait à priori dans une cave... Peut être que quelqu'un pourrait l'entendre ?... Mais comment attirer l'attention, bâillonnée, encharnée, mains dans le dos ?... Son coeur s'emballa. Son cerveau, encore cotonneux se mit à fonctionner à plein régime... Ses yeux scrutaient avidement l'obscurité autour d'elle.

A SUIVRE...

par Cyril Poujoulat publié dans : Roman
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